Chevalley Isabelle · Nationalrat · 2020-09-07
Chevalley Isabelle · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2020-09-07
Wortprotokoll
C'est lorsque l'on n'a plus accès à la culture que l'on voit à quel point elle est importante dans nos vies. Cette période marquée par le Covid-19 nous a privés de nombreux spectacles de toutes sortes, que ce soit des productions professionnelles ou amateur. Cela démontre encore une fois l'importance de la culture dans notre société, pour tous les âges et toutes les catégories sociales. La culture renforce la cohésion sociale et favorise le dialogue. Elle développe la capacité personnelle à communiquer, s'exprimer et juger.
Les moyens prévus dans le message culture pour les années 2021 à 2024 connaissent une faible croissance de 2,6 pour cent, pour atteindre 934,5 millions de francs, soit seulement 0,3 pour cent du budget fédéral, alors que les dépenses culturelles représentent 5 à 10 pour cent du budget des villes suisses. Il est toujours intéressant d'observer la répartition du total des dépenses culturelles. Si l'on prend l'année 2016, Confédération, cantons et communes ont dépensé 2,94 milliards de francs. Le 50 pour cent de cette somme a été financé par les communes et 39 pour cent par les cantons. La Confédération ne finance que 11 pour cent du total. Il est aussi intéressant de constater que, durant cette même année 2016, les fondations d'utilité publique ont quant à elles dépensé 2 milliards de francs et l'économie privée 370 millions de francs. Cela démontre que la culture est un formidable vecteur pour l'économie de notre pays. C'est pour toutes ces raisons que le groupe vert'libéral s'opposera à toutes les coupes et soutiendra les propositions retenues dans le projet du Conseil fédéral.
Concernant la loi sur le cinéma, la proposition du Conseil fédéral est raisonnable. Mais on nous demande de renvoyer le projet pour que le nouveau projet se retrouve dans la moyenne européenne en termes d'obligation d'investir, et qu'il tienne compte des différents types de production. Mais c'est déjà le cas. Près de la moitié des pays européens ont introduit une obligation d'investir entre 1 et 22 pour cent des recettes dans le cinéma national ou dans des films en langue nationale. Le Conseil fédéral propose une obligation d'investir à hauteur de 4 pour cent des recettes brutes. Cet argent doit être affecté à la création cinématographique suisse, comme des coproductions de films suisses ou des coproductions internationales reconnues officiellement par la Suisse et les autorités des autres pays concernés. Si cela n'est pas possible, une taxe de remplacement correspondante sera prélevée. Les séries de fiction et les séries documentaires peuvent être comprises dans ces dépenses. Si vous estimez que cette obligation d'investir de 4 pour cent est trop élevée, eh bien votez en faveur de l'une des propositions défendues par les minorités visant 3 ou 1 pour cent des recettes brutes. Quel est l'intérêt de renvoyer ce projet au Conseil fédéral? Soyez honnêtes et dites simplement que vous ne voulez pas de cette loi, comme le fait M. Wasserfallen. De plus, que cela soit clair une fois pour toutes: l'obligation d'investir ne s'applique pas aux télévisions locales.
Il est temps d'encourager les investissements dans le cinéma suisse, ce qui permettra aussi de faire mieux connaître notre pays et notre culture. J'aime mon pays. Je suis fière de le faire connaître au-delà de nos frontières. Le cinéma est un excellent vecteur.
C'est pourquoi le groupe vert'libéral entrera en matière et soutiendra les propositions du Conseil fédéral.