Reynard Mathias · Nationalrat · 2020-09-08
Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-08
Wortprotokoll
Je prends la parole pour défendre la position du groupe socialiste sur le message FRI 2021-2024. Nous nous montrons globalement satisfaits par ce message relatif à l'encouragement de la formation, de la recherche et de l'innovation pour ces quatre prochaines années. Le groupe socialiste se réjouit en particulier des améliorations apportées à certains dossiers dans le projet du Conseil fédéral, et notamment de la hausse du crédit d'engagement en faveur de la formation professionnelle, qui vise à favoriser les investissements dans la formation continue, et de la hausse du crédit d'engagement en faveur des organisations actives dans la formation continue et des cantons.
Ces augmentations répondent à une demande de longue date du groupe socialiste, qui veut que les moyens investis dans la formation ne servent pas que nos prestigieuses écoles, mais soient aussi investis dans la formation continue et dans la formation professionnelle; en somme, que l'argent public serve à toutes et à tous, à l'ensemble de la population. Ces augmentations sont particulièrement importantes en cette période de crise économique, où la formation continue, la reconversion professionnelle, l'acquisition de compétences sont des éléments essentiels pour une bonne partie des salariés.
Le groupe socialiste salue également la décision de la commission d'augmenter les moyens en faveur des établissements de recherche d'importance nationale et d'exiger du Secrétariat d'Etat à la formation, à la recherche et à l'innovation que cet argent soit investi dans l'ensemble des établissements, y compris des instituts comme l'institut de recherche IDHEAP, et pas uniquement dans les centres de compétences technologiques, comme le souhaitait le Conseil des Etats. Dès lors, la proposition Roduit n'a pas vraiment de sens et ne change rien à ce qui a été décidé en commission. Son acceptation ne pose pas non plus de gros problèmes au groupe socialiste.
Le groupe socialiste s'engagera également en faveur d'une augmentation des moyens alloués aux bourses d'études. Depuis des années, c'est un des rares domaines dans lesquels le budget fédéral n'a pas bougé, alors que le nombre de personnes en formation postobligatoire n'a cessé d'augmenter. Si l'on prend en compte les dépenses des cantons, la tendance est même à la baisse des moyens investis dans l'égalité des chances. Les bourses d'études représentent aujourd'hui moins de 1 pour cent des dépenses dans le domaine de la formation. C'est évidemment important d'avoir de belles écoles, d'être au sommet des "ranking" internationaux, mais si une partie de nos jeunes ne peuvent pas accéder à ces formations pour des raisons financières, nous aurions ainsi manqué notre cible et nous ne serions pas à la hauteur.
Actuellement, à peine 7 pour cent des personnes en formation postobligatoire touchent une bourse d'études et l'égalité des chances n'est donc pas acquise.
Enfin, pour terminer, permettez-moi de dire un mot sur la mobilité internationale et le programme Erasmus. Nous n'avons pas pu nous prononcer en commission sur la proposition Nussbaumer qui charge le Conseil fédéral de soumettre à l'Assemblée fédérale, une fois le cadre financier pluriannuel 2021-2027 finalisé au sein de l'Union européenne, un message relatif au financement de la participation de la Suisse au programme Erasmus. Mais ceci va complètement dans le sens des décisions que nous avons déjà prises en commission et au plénum avec l'acceptation de motions chargeant le Conseil fédéral de négocier au plus vite une pleine association de la Suisse à Erasmus plus. Cette proposition est complémentaire au postulat 20.3928 déposé par notre commission qui demande une feuille de route en vue d'une pleine association à Erasmus plus, postulat que notre groupe soutient pleinement.
Je vous remercie donc du soutien à ce message FRI renforcé pour que la formation soit non seulement quelque chose qui soit important dans les discours, mais également dans les actes et dans les moyens financiers que nous votons au Parlement.