Python Valentine · Nationalrat · 2020-09-08
Python Valentine · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2020-09-08
Wortprotokoll
Le vaste domaine de la formation, de la recherche et de l'innovation et la politique qui l'encadre soulèvent une quantité de questions fondamentales directement liées aux spécificités présentes et à venir de notre société, de notre économie et de notre rapport à l'environnement. Ces trois entités représentent des défis formidables pour l'avenir de notre pays. La lourde responsabilité de les encadrer implique une réflexion préalable: formation, recherche et innovation sont-elles des objectifs en soi ou représentent-elles les moyens que l'on se donne pour atteindre des finalités sociétales plus vastes encore et qui découlent de notre vision d'une société future idéale? Par exemple, quelles sont les finalités sociétales de l'éducation? S'agit-il uniquement de l'acquisition de connaissances et de compétences techniques liées à un futur emploi, ou également de l'assimilation de valeurs et de systèmes de pensée propres à l'insertion d'un individu au sein de la collectivité, dans le respect du fonctionnement de notre système démocratique?
En ce qui concerne l'accent porté à la digitalisation tout au long du message, bien que reconnaissant sa nécessité, il nous semble qu'une réflexion en amont reste à mener sur la base d'une évaluation des bénéfices, mais également des risques, pour notre société et notre environnement. En effet, la crise sanitaire s'étant traduite par une accélération de la numérisation liée au télétravail et à l'école à la maison, nous avons pu avoir un avant-goût des difficultés, des limites, des avantages comme des désavantages de modes de vie [PAGE 1265] reposant directement sur les nouvelles technologies de l'information et de la communication. Par exemple, quels sont les enjeux spécifiques de l'école numérique? Globalement, face aux enjeux liés à la numérisation, nous constatons un écart important entre ce qui est demandé et effectivement octroyé pour le réaliser, en particulier afin de résoudre et anticiper la fracture numérique et l'inégalité des chances.
Il nous semble déceler dans le présent message un déséquilibre entre l'accent porté à la numérisation et la place octroyée tant à la durabilité qu'à l'égalité et aux enjeux qu'elles engendrent. Nous aurions souhaité en effet qu'un accent équivalent soit porté à l'orientation du domaine vers les objectifs de durabilité que l'urgence climatique et écologique rendent nécessaires.
Selon nous, il convient par exemple de faire précéder l'encouragement au développement de nouvelles technologies du domaine recherche et innovation, à l'instar des nanotechnologies, d'une volonté plus clairement définie de diminuer notre empreinte écologique et climatique. De même, nous souhaiterions que le principe de précaution soit davantage perceptible au sein du message FRI.
Tout en gardant à l'esprit ces réflexions de fond, notre groupe salue globalement le message FRI 2021-2024, en particulier la projection positive des fonds octroyés au domaine par la Confédération. Cependant, vu l'évolution de notre société et les conséquences du Covid-19, nous craignons que le soutien à la formation continue et professionnelle ne soit pas suffisant, tout comme le financement des bourses d'études. En effet, les conséquences de la crise sanitaire se cumulant à celles du développement de l'intelligence artificielle et de la robotisation, la menace à court, moyen et long terme sur l'emploi doit être anticipée. Nous assisterons ces prochaines années à une transformation radicale du monde professionnel. Dans ce contexte et dans tous les domaines, la formation initiale et continue ainsi que la recherche en nouvelles technologies doivent comporter selon nous le double objectif d'apporter à quiconque les compétences et les moyens, notamment informatiques, nécessaires à la maîtrise de professions que la numérisation aura créées, mais également être aptes à réaliser la transition énergétique et à réduire notre empreinte écologique. Ce n'est définitivement pas le moment de chercher à faire des économies sur la formation, alors que la prospérité de notre pays repose en grande partie sur nos savoirs.