Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2020-09-14
Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2020-09-14
Wortprotokoll
Les Commissions de gestion ont pris connaissance des rapports du Conseil fédéral et des départements pour l'année écoulée. Les auditions des conseillers fédéraux ayant eu lieu mi-mai, vous pouvez imaginer que leur déroulement a été passablement modifié par l'actualité. Comme l'a expliqué mon collègue von Siebenthal, elles ont porté non seulement sur les thèmes prévus par les départements, mais aussi sur l'influence de la pandémie sur les tâches relevant du département.
En tant que rare représentante romande au sein de cette commission, j'ai le privilège de vous présenter un des comptes rendus, celui du conseiller fédéral Ignazio Cassis et de la conseillère fédérale Viola Amherd.
Concernant le Département fédéral des affaires étrangères, nous avons retenu deux thèmes qui nous ont été présentés: la diplomatie scientifique et l'appui aux Suissesses et Suisses de l'étranger durant la pandémie.
En ce qui concerne la diplomatie scientifique, le conseiller fédéral Ignazio Cassis nous a expliqué qu'il souhaitait faire de ce thème un des piliers des actions de son département. Renforcer le dialogue entre Etats par le biais de la collaboration scientifique permet d'aborder des thèmes communs et d'établir des partenariats. Ce dialogue est également crucial dans la mise en oeuvre de l'Agenda 2030, en particulier dans l'évaluation des défis à relever et des mesures à prendre. Le conseiller fédéral a aussi fait le point sur le GESDA, "Geneva Science and Diplomacy Anticipator", pour montrer l'importance de recourir à la science pour promouvoir le dialogue international sur un thème crucial comme la bonne gouvernance digitale.
Concernant l'appui aux Suissesses et Suisses de l'étranger durant la pandémie, M. le conseiller fédéral a indiqué comment son département a dû rapidement passer en mode gestion de crise dans les 170 représentations nationales ancrées dans le monde. Dans un premier temps, il a fallu informer les Suissesses et les Suisses séjournant à l'étranger de la possible fermeture des frontières et de la réduction de vols. Dans un second temps, il a fallu mettre en place des vols de rapatriement. Le Conseil fédéral a indiqué que 35 vols spéciaux ont permis de rapatrier près de 7000 personnes pour un coût de 10 millions de francs. Le département a aussi soutenu et répondu aux questions des 800[NB]000 Suissesses et Suisses résidant à l'étranger. M. le conseiller fédéral a salué le travail remarquable des collaboratrices et des collaborateurs de son département, en Suisse et au sein des services consulaires.
Au sein de notre commission, les discussions en lien avec le Covid-19 ont aussi porté sur l'influence de la pandémie sur les relations entre la Suisse et l'étranger, sur les enjeux liés à la migration et sur la place de la Genève internationale.
Concernant le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, je vais rapporter brièvement sur deux thèmes: la mise en oeuvre de la cyberdéfense et l'engagement de l'armée pendant la pandémie.
En ce qui concerne la cyberdéfense, Mme la conseillère fédérale a fait le point sur la mise en oeuvre du plan d'action de cybersécurité du Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports, initié en 2016 suite aux attaques menées contre Ruag, et elle a indiqué que la stratégie post-2021 est en préparation. En 2019, le département a poursuivi sa collaboration étroite avec l'armée, les écoles polytechniques fédérales et l'économie. Le cyber-campus a été inauguré. Mme la conseillère fédérale a souligné à quel point la défense du cyberespace et de ses infrastructures est importante et reste une priorité. La pandémie a évidemment montré l'importance d'avoir un cyberespace fonctionnel et fiable.
Concernant l'engagement de l'armée au profit des autorités civiles dans le cadre de la pandémie, en particulier la mobilisation, la conseillère fédérale a indiqué combien son département a été impliqué durant la crise. La pandémie a donné lieu à la plus grande mobilisation depuis la Seconde Guerre mondiale. La conseillère fédérale a aussi souligné l'engagement des employés civils, notamment des centres logistiques, et du personnel de la pharmacie de l'armée. Pour permettre à la pharmacie de remplir ses missions, il a fallu considérablement renforcer ses effectifs.
Les commissaires ont ensuite voulu savoir si le Département fédéral de la défense, de la protection de la population et des sports avait déjà tiré des leçons, notamment de la mobilisation. La conseillère fédérale a indiqué qu'une enquête approfondie serait menée, mais en temps voulu. Mais pour elle, la mobilisation de 80 pour cent des appelés en 24 heures était déjà, en tant que telle, un succès. Par rapport aux critiques qui ont été émises, elle a expliqué que son département avait essayé de répondre rapidement aux demandes des cantons, sans toujours suffisamment les analyser. Ainsi certaines personnes mobilisées se sont trouvées désoeuvrées. Lorsque ses services se sont rendu compte que des militaires étaient employés alors que du personnel hospitalier était au chômage partiel, cela a immédiatement été clarifié, nous a-t-elle expliqué. Elle a reconnu que tout n'avait pas été optimal.
La conseillère fédérale a précisé que si l'armée avait pu répondre à toutes les demandes des cantons, la question de savoir si elle n'avait pas affecté trop de soldats méritait encore d'être analysée.
Au nom de la sous-commission, je vous remercie d'adopter l'arrêté fédéral.