Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-09-18
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-09-18
Wortprotokoll
Tout ce qui a été dit ce soir est très important. Je suis très heureuse que cette Chambre, qui, par vocation, est chargée de représenter les intérêts des cantons - on l'a vu tout à l'heure, on parle d'installations à Fribourg et à Bâle, etc. -, se sente très préoccupée, dans ce climat calme et serein qui caractérise vos débats, par les tensions qui existent dans le pays, par les risques d'éclatement, par les risques liés à une espèce de communitarisme - c'est-à-dire de se retrancher sur sa communauté, de ne plus vivre avec les autres -, mais aussi par le risque de négliger certaines parties de notre société. Vous avez si bien dit les choses que je ne peux que répéter que vos soucis sont ceux du Conseil fédéral et que nous nous efforçons d'en tenir compte dans tous les projets de loi.
Monsieur Lombardi, la réponse au sujet de l'histoire un peu difficile de la loi sur les langues, c'est M. Pfisterer qui vous l'a donnée. Quand on veut vraiment travailler avec les cantons, quand on veut aller au fond des problèmes mais qu'on touche à des points très délicats relatifs aux compétences cantonales, ce qui est le cas des problèmes de langue, quand en plus on est dans une situation financière difficile et qu'il ne faut pas promettre des choses qui sont belles sur le [PAGE 660] papier mais qui ensuite ne correspondent pas à des actions concrètes sur le terrain, ça vaut la peine d'en parler ensemble, et si ça ne marche pas la première fois il vaut la peine d'organiser une autre ronde de discussion.
Je ne veux pas du tout accuser les cantons d'être responsables de la lenteur du processus, la lenteur suisse .... Nous sommes célèbres pour être plutôt des gens lents, ce qui exige d'ailleurs des politiciens une brûlante patience. Cette lenteur suisse, c'est aussi la lenteur du consensus et du respect mutuel. La lenteur est peut-être parfois une contribution à la compréhension entre régions linguistiques (Verständigung).
La loi sur les langues est maintenant dans la phase finale de préparation. Je crois que les cantons et la Confédération peuvent dire que c'est une oeuvre commune, ça aussi ça fait partie de la "Verständigung".
Donc, merci d'exprimer vos préoccupations et de formuler vos suggestions: on a du pain sur la planche.