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AB 268197

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2020-09-16

Wortprotokoll

Tout d'abord, je dois vous dire que j'ai trouvé très élégante la formule utilisée par le rapporteur de la commission qui a parlé en français de "rideau". Le rideau, si l'on fait exception de quelques heures sombres de l'histoire européenne, fait plutôt penser à quelque chose d'assez léger, qu'on peut écarter, qu'on peut enlever; c'est du mobilier. C'est une image qui vient, je trouve, assez bien compléter ce qu'on dit d'habitude à ce sujet et qui relève plutôt du domaine immobilier puisque l'on parle d'un fossé ou alors d'une barrière que l'on qualifie volontiers "de rösti". Je saisis cette occasion pour vous dire que je n'ai jamais vraiment compris comment il pouvait venir à l'idée de faire une barrière avec des pommes de terre râpées! Mais c'est un autre débat, et je termine ici ma digression pour revenir au sujet, les échanges scolaires.

M. le conseiller aux Etats Würth l'a rappelé à l'instant de manière forte et précise: nous mettons un très fort accent sur les échanges linguistiques dans notre pays. Nous nous sommes rendu compte qu'il ne suffisait pas pour cela d'avoir de l'argent, mais qu'il fallait aussi travailler sur les structures. Donc, les structures ont été revues et nous avons aujourd'hui une base qui nous permet d'intensifier cet effort ainsi que le soutien dans ce domaine, pour la période 2021-2024, avec une augmentation conséquente de 10 millions de francs sur quatre ans.

Comme vous le savez, la participation actuelle aux échanges scolaires se monte à 3 pour cent environ. C'est beaucoup trop peu, c'est une évidence, et l'objectif que nous avons avec les cantons, c'est de faire monter à terme ce niveau à 15 pour cent. Dans ce cadre, il faut évidemment tenir compte du fait que les échanges ne sont pas obligatoires dans le programme scolaire. Il faut voir que nous faisons face à de nombreux obstacles qui ne sont pas de nature financière, tels que la recherche de partenaires adéquats, les différences entre les plans d'études, le travail d'organisation pour le placement, la préparation, l'accompagnement, la réinsertion, etc.

Ce que je veux dire par là, c'est que prévoir seulement des moyens financiers ne sert pas à grand-chose. Des moyens importants sont déjà prévus, soit une augmentation de 10 millions de francs. Aujourd'hui, ce qu'il faut faire pour que cela fonctionne et que l'on puisse conduire ce développement important, c'est travailler sur les structures et surtout favoriser la confiance et l'adhésion des participants, des familles et des écoles. Si nous réussissons cela avec ces 10 millions de francs, nous pourrons toujours plus tard nous reposer la question. Mais aujourd'hui, ce que propose le Conseil fédéral nous paraît vraiment suffisant. C'est un pas très important qui nous permet de faire cet effort.

J'aimerais donc vous proposer, avec cette argumentation, de rejeter la minorité II (Gapany) et de soutenir la proposition de la majorité.

J'en viens à l'autre question, celle de la langue romanche, et donc à la minorité I (Carobbio Guscetti). Depuis cette année, un montant de 400[NB]000 francs - cela a été dit - est à disposition pour soutenir le romanche en dehors de l'aire linguistique où il est traditionnellement parlé. C'est un élément important. Il s'agit d'ailleurs de la mise en oeuvre d'une mesure prévue dans le message culture 2016-2020. Deux éléments sont financés avec ce montant: d'une part, une offre médiatique suprarégionale en romanche - c'est un élément très important - et, d'autre part, des offres de formation en romanche pour les enfants d'âge préscolaire et scolaire, en dehors du canton des Grisons. Cette deuxième partie de projet n'en est qu'à ses débuts. Des travaux sont en cours auprès de la Lia Rumantscha, qui est en train d'élaborer un plan pour l'appuyer. Il est évidemment important que ce plan tienne compte des besoins avérés. Il nous paraît donc qu'à ce stade, un montant de 100[NB]000 francs est suffisant pour couvrir ces travaux, et il ne nous paraît pas adéquat d'augmenter ces fonds avant qu'un plan concret ne soit présent et qu'il n'ait pu être validé.

Voilà quelques éléments que je voulais vous donner pour votre information, en vous invitant à suivre la majorité de votre commission.