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Cottier Damien · Nationalrat · 2020-09-16

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2020-09-16

Wortprotokoll

La Suisse était probablement l'un des pays les mieux préparés au Brexit, peut-être parce qu'elle sait mieux que personne ce que veut dire un référendum. Le Conseil fédéral a eu d'emblée une attitude proactive. Avant le vote, l'administration avait commencé à analyser son impact sur la relation entre nos deux pays ainsi que sur le quotidien de 40[NB]000 expatriés suisses et britanniques et sur celui de nombreuses entreprises. C'est que le Royaume-Uni est notre sixième partenaire économique avec un commerce de 19 milliards de francs par année. En tenant compte des métaux précieux, il se classe même en troisième position de nos partenaires commerciaux!

La Suisse a immédiatement réagi au vote de juin 2016 pour protéger ses intérêts. Le Conseil fédéral a développé sa stratégie appelée "Mind the gap" en référence au risque de s'encoubler lorsque l'on sort de la rame de métro à Londres. Il a promu sa stratégie par une activité diplomatique appuyée, soulignant l'importance d'une relation stable et d'un cadre juridique approprié pour qu'au moment de la sortie britannique de l'Union européenne, notre relation bilatérale ne s'encouble pas elle non plus. "It was a success", félicitations au Conseil fédéral!

Il est désormais temps de passer à l'étape suivante, et c'est le but de cette motion. Nous sommes ravis du soutien du Conseil fédéral.

Nous ne devons pas nous contenter de maintenir le niveau de la relation, vu l'importance du partenaire britannique, il nous faut développer cette relation. Les liens entre la Suisse et le Royaume-Uni peuvent être encore plus forts après le Brexit qu'avant. C'est une opportunité à saisir pour la Suisse qui vise la diversité de ses relations diplomatiques et commerciales.

La motion propose donc de développer la relation, notamment en négociant un accord de libre-échange de nouvelle génération ambitieux. Mais comme l'a indiqué le Conseil fédéral dans sa réponse, la motion ne doit pas être prise trop au pied de la lettre sur ce point. Ce que nous visons, c'est une relation commerciale renouvelée et intensifiée, mais nous sommes parfaitement conscients du fait que, suivant la forme que prendra la relation entre le Royaume-Uni et l'Union européenne - et là bien malin qui sait aujourd'hui quelle forme elle prendra exactement -, la forme juridique de la relation entre la Suisse et le Royaume-Uni peut elle aussi varier. Ce qui compte, ce qui importe, c'est le fond.

Au-delà de la coopération commerciale, on peut penser aussi à des rapprochements, notamment dans le secteur financier où un dialogue actif est à l'oeuvre en matière de sécurité, dans le développement, ou encore pour la formation et la recherche.

Cette motion va dans le sens de notre vote de lundi dans le cadre du programme de législature, où notre conseil a inscrit la volonté d'une consolidation et d'un approfondissement des relations économiques bilatérales avec le Royaume-Uni.

Winston Churchill a écrit: "Là où il y a une volonté, il y a un chemin." Ce chemin passe en l'occurrence par un pont, à nous de le construire.