Hurni Baptiste · Nationalrat · 2020-09-21
Hurni Baptiste · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-21
Wortprotokoll
Nous disions, il y a tout juste une semaine, que ce programme de législature manquait de vision politique et d'ambition. La version proposée par la Conférence de conciliation, qui a accepté la presque totalité des propositions du Conseil national, va dans le bon sens. A défaut d'être un programme de rêve pour notre groupe, il y a quelques inflexions de la ligne bienvenues. Il est d'autant plus important que l'on rappelle ici que chacun des objectifs aura le même poids législatif qu'une motion si ce programme est accepté. Le gouvernement devra donc avancer dans le sens désiré par le Parlement, qu'il s'agisse des objectifs qu'il proposait initialement ou de ceux qui ont été ajoutés après le travail parlementaire. A cet égard, le groupe socialiste tient à relever quelques fruits positifs du travail de la Conférence de conciliation.
Un accent particulier a été intégré dans la section 1, s'agissant du développement durable et de l'usage parcimonieux des ressources naturelles. Si cet accent s'est déjà fait sentir dans le traitement de la loi sur le CO2, le gouvernement devra poursuivre dans l'ensemble des dossiers dans cette voie, en prenant en considération de façon systématique l'impact des projets et autres lois qu'il propose sur le climat. C'est une urgence et une nécessité, et cet accent nous réjouit, même s'il est encore insuffisant.
S'agissant des finances, et notamment des coûts importants en lien avec la crise du coronavirus, le groupe socialiste salue aussi la formulation trouvée par la Conférence de conciliation, qui exclut que l'amortissement de ces dépenses se fasse par des hausses d'impôts ou par des programmes d'allégement, c'est-à-dire des programmes de coupes dans les prestations. La crise du Covid-19 a été et continue d'être exceptionnelle, et il est illusoire de vouloir amortir en trois ou quatre ans ces coûts massifs, surtout si cela avait pour conséquence de mettre sous pression la population suisse en la privant de prestations.
Un autre sujet de réjouissance à souligner se trouve dans la volonté, cette fois-ci écrite noir sur blanc, d'obtenir enfin une imposition individuelle, le fameux "splitting" à 50/50, qui doit permettre de ne discriminer aucune forme de couple, tout en évitant de très nombreux effets de seuils.
C'est une demande que notre parti a formulée depuis des années, et nous nous réjouissons qu'une majorité existe dorénavant pour la mettre en place.
La Conférence de conciliation a aussi admis la nécessité de mettre en place une stratégie nationale, en collaboration avec les cantons, pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle. Cela nous paraît être un objectif important et primordial dans notre pays.
S'agissant de l'éducation et de la formation, notre autorité admet aussi la nécessité de mettre en place des outils pour obtenir plus de places d'apprentissage. De la même manière, le Conseil fédéral devra adhérer à Erasmus plus, pour que la Suisse soit un pays participant au programme, et il devra aussi proposer des programmes de formation et de recherche globaux. Ces trois mesures nous semblent devoir être soulignées, pour que la jeunesse de ce pays, qu'elle se destine à l'apprentissage ou à l'université, puisse continuer d'exceller.
S'agissant de la culture, on se plaît à relever qu'il serait extrêmement précieux que la Suisse puisse adhérer au programme culturel de l'Europe, "Creative Europe", car les frontières, notamment dans ce domaine, sont des entraves.
Comme ma collègue Funiciello l'a souligné, il y a pour nous un objectif particulièrement important qui a été ajouté, à savoir la mise en place d'un plan d'action national pour la mise en oeuvre de la convention d'Istanbul. Cet objectif permet de répondre très partiellement aux revendications des 500[NB]000 femmes et hommes qui défilaient le 14 juin 2019, et c'est le minimum que l'on pouvait attendre.
Dans le domaine de la santé, les défis liés à la numérisation ont aussi été détaillés dans le programme de la législature. Ces éléments devront systématiquement prendre en compte le fait que le système de santé doit être construit pour et avec le patient, et non contre lui. Nous y serons attentifs.
Finalement, il convient de se réjouir que notre autorité obtienne un rapport avec une véritable analyse des risques pour la Suisse, pour que l'ensemble de notre politique en matière de sécurité se concentre sur les dangers réels que la Suisse peut devoir affronter, et non sur des chimères datant d'une autre époque.
Ainsi, au terme de l'analyse, le Parlement a à notre sens fait avancer ce programme dans le bon sens. Certes, il n'est pas, à nos yeux, lumineux, mais il permettra de suivre une ligne plus engagée sur les thèmes qui nous paraissent les plus importants.