Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · 2020-09-24
Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-09-24
Wortprotokoll
Permettez-moi tout d'abord un commentaire hors contexte par rapport à cette journée délicieuse où chacun parle la langue de l'autre. Le traducteur automatique de la Confédération est nettement moins sympathique, parce que j'ai imprimé mon interpellation et j'y suis appelée "Elisabeth Tailleur-D'Arbre" plutôt que Baume-Schneider. C'est assez particulier de vivre un jour en s'appelant Tailleur-D'Arbre, et sans langage épicène - tailleuse, cela n'existe pas. Mais cela tombait bien[NB]aujourd'hui, étant donné que c'est la journée du plurilinguisme.
Je remercie le Conseil fédéral pour ses réponses et je tiens à préciser que l'interpellation n'avait aucune connotation moralisatrice par rapport aux enjeux de la société numérique ou par rapport à la consommation d'énergie. D'ailleurs, je concède volontiers être sur mon téléphone portable non seulement dans le train, mais aussi ici, en séance, et j'observe que beaucoup de personnes ont la même pratique.
Mon interpellation fait écho à une nécessité d'information et de prévention de la citoyenne ou du citoyen lambda par rapport à des discours qui prennent parfois des allures contradictoires. Ainsi, tout récemment, le Conseil fédéral a adopté sa stratégie actualisée Suisse numérique, qui fixe les grandes lignes de l'intervention de l'Etat en matière de numérisation, et il est fortement appréciable qu'un volet des objectifs principaux traite justement de la réduction de l'empreinte écologique et de la consommation d'énergie. Il y est également mentionné que l'Office fédéral de l'environnement montrera d'ici à fin 2021 comment améliorer les bases de calcul des écobilans, de la consommation d'énergie, ou encore de l'empreinte des technologies et services d'information et de télécommunications.
La réponse du Conseil fédéral mentionne également que, dans le cadre du postulat Munz 19.4497, la question de la consommation d'électricité liée à la numérisation sera étudiée, et c'est de bon augure.
En parallèle, on peut prendre connaissance de différents travaux scientifiques, par exemple ceux de la professeure Solange Ghernaouti, de l'Université de Lausanne, qui parle de cet enjeu sociétal en mentionnant un monde virtuel et une pollution bien réelle. Tout récemment par exemple, dans un article paru dans le magazine de l'Université de Lausanne, elle donne quantité d'exemples de bonnes et de mauvaises pratiques. Ainsi j'ai souri en lisant - mais les effets sont quand même impressionnants - que les 6,7 milliards de vues du titre "Despacito" sur Youtube correspondent à 11 pour cent de la consommation électrique de la Suisse en 2018. En fait, [PAGE 1064] ces habitudes que nous prenons ont des effets directs sur la consommation.
Mais j'aurais une question complémentaire. Si nous avons à adopter de bonnes pratiques, une approche globale s'impose et une question se pose au niveau des hébergeurs, ou des "data center" ou du "cloud", qui sont la véritable colonne vertébrale de notre nouvelle société numérique. Je me demande donc si, à l'instar des normes ou des standards qui sont définis dans l'industrie, il y a aussi des critères d'efficience pour le "cloud" ou pour les "data center" afin d'en maîtriser la consommation d'énergie. Si on est un peu plus conscient que, par exemple, on n'a pas à passer par un moteur de recherche mais que l'on économise de l'énergie en tapant directement l'adresse, on pourra aussi, chacun de notre côté, effectuer des petites démarches utiles. Ma question porte donc véritablement sur les critères d'efficience pour les "data center" en Suisse.