Français Olivier · Ständerat · 2020-12-01
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2020-12-01
Wortprotokoll
La proposition de notre collègue est par nature sympathique. Il est clair en effet que quand on est dans le besoin, il faut agir et agir partout où on peut. C'est compréhensible. Pour ma part, au départ, j'ai envie de dire que c'est une bonne idée, mais il faut voir ce que cela donne sur le terrain.
Le message a été préparé en fonction des expériences faites durant la première vague afin de mettre au point la manière de réagir à l'avenir. L'un des premiers arguments exposés consiste à dire qu'il serait approprié d'utiliser le personnel à disposition à bon escient et de veiller à ce que le personnel engagé travaille dans de bonnes conditions de sécurité.
Où se trouve le problème réel dans les agglomérations? Il n'y a pas photo: le problème est dans les hôpitaux. Dans les autres endroits - que l'on pourrait qualifier de secondaires -, il y a un problème dans les établissements de rang inférieur à l'hôpital, voire dans ceux où il y a moins de personnes, par exemple dans les homes pour personnes âgées ou d'autres établissements sanitaires qui existent dans nos régions.
Mais l'afflux de personnes aura lieu dans les hôpitaux. Au moment où il y a des difficultés pour gérer les entrées dans les hôpitaux, qui peut donner un coup de main? En priorité, les pompiers - service d'incendie et de secours -, les particuliers, les membres de la protection civile, les civilistes, et en dernier recours l'armée. D'où viennent les gens qui sont dans l'armée? Ils ne viennent pas automatiquement de la ville où se situe l'établissement en difficulté, ils ne sont pas automatiquement de la région où se situe le home qui a besoin d'un renfort. Les personnes qui connaissent la région sont celles qui sont membres de la protection civile, ce sont les pompiers, voire les civilistes. [PAGE 1095]
Les gens qui iront accueillir les malades ne parlent pas automatiquement français, italien, allemand ou romanche. Donc, si on veut garantir un bon accueil des malades et fournir un appui là où le besoin se fait sentir, c'est là où le plus grand nombre de personnes affluent, c'est à l'accueil dans les zones de tri - ceci est clairement spécifié dans la liste des missions à remplir -, mais pas dans les homes, les établissements médicosociaux ou les autres sites cités dans la proposition de notre collègue. En cela, la planification des moyens est très importante. L'ordre de marche donné doit être lié à une coordination, afin d'assurer la relève.
Il y a un dernier point à préciser au sujet de l'engagement de l'armée. Si les gens astreints sont disséminés dans une région, leur récupération exigerait une logistique relativement lourde qui pénaliserait la mission principale de l'armée et entraverait sa mission. A mission claire, gestion claire. La mission principale est à accomplir dans les lieux où il y a du monde; c'est celle de l'armée, quand on a besoin d'elle. Dans les zones où l'afflux est moins grand, en cas d'urgence élevée, on a besoin de moins de personnel. Les tâches peuvent alors être confiées à la protection civile, aux civilistes, voire à d'autres corps constitués.
Je vous recommande par conséquent de rejeter la proposition de la majorité et de suivre le Conseil fédéral.