Bendahan Samuel · Nationalrat · 2020-12-01
Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2020-12-01
Wortprotokoll
J'aborde une problématique qui est extrêmement importante dans le cadre du droit aux indemnités journalières: c'est la question du droit des personnes malades à, elles aussi, obtenir des indemnités journalières pour éviter justement que certaines d'entre elles ne passent entre les mailles du filet.
Laissez-moi vous expliquer à quel point cette question est importante pour les personnes qui pourraient tomber malade pendant cette crise du coronavirus. Je ne parle pas des personnes qui sont atteintes spécifiquement du coronavirus[NB]ou[NB]qui[NB]sont touchées par une interdiction de sortir de chez elles - un isolement ou une quarantaine -, je parle des personnes - parce que, malheureusement, cela arrive aussi - qui ne peuvent pas venir au travail, parce qu'elles ont d'autres maladies.
Le système actuel est le suivant: quand vous êtes malade, si vous bénéficiez d'une assurance perte de gain, même dans ce cas-là, il y a souvent des délais de carence qui peuvent durer un mois, en règle générale. Pour l'entreprise, c'est extrêmement problématique: si un de vos employés est malade et que, de ce fait, il n'a pas droit à la moindre indemnité, vous pouvez être dans une situation où vous devez continuer à le payer, alors que vous n'avez pas de revenu. Il faut donc étendre le droit à l'indemnité journalière aux personnes qui sont malades, pour que les entreprises n'aient pas à financer les membres de leur personnel qui tomberaient malade pour d'autres raisons que le coronavirus.
Il faut bien se rendre compte que cela crée des pressions énormes et pose aussi des problèmes sanitaires. [PAGE 2121] Aujourd'hui, les personnes malades sont sous pression, car elles savent que les entreprises doivent payer pour leur maladie. En plus, ces personnes craignent de se faire licencier pour cette raison-là, puisque, après un certain temps, l'entreprise peut les licencier si elle n'a pas droit à des aides. Ainsi, la personne malade pourrait être incitée à cacher sa maladie et à venir travailler quand même. Il y a des cas de personnes qui n'osent pas dire qu'elles ont des symptômes, car elles ont peur des conséquences. C'est absolument inacceptable, aussi du point de vue sanitaire. Il faut donc protéger les entreprises de notre pays: si elles ont du personnel malade, celui-ci doit pouvoir rester à la maison. Ceci ne doit pas coûter ni à l'entreprise ni à la personne malade, qui est, comme beaucoup d'autres personnes, victime de cette crise.
Si nous refusons de faire cela, c'est une nouvelle incitation à licencier du personnel. C'est une nouvelle incitation à dire que si, ma foi, il arrive une tuile, cela va péjorer la situation de votre entreprise, et que votre seule solution sera donc de vous débarrasser de vos employés. Ce n'est pas la manière dont nous voyons les choses. Nous devons garantir que les entreprises puissent garder leurs employés et que personne ne passe à travers les mailles du filet.
Pour ces raisons, pour protéger les entreprises, pour protéger les employés des licenciements et pour protéger surtout les personnes malades, je vous invite à soutenir l'amendement, qui permet au Conseil fédéral de donner aux personnes malades le droit à des indemnités journalières.