AB 272797
Gschwind Jean-Paul · Nationalrat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2020-12-03
Wortprotokoll
A l'Office fédéral de l'environnement, à la position qui concerne les animaux sauvages, la chasse et la pêche, il y a une proposition de minorité qui porte mon nom. Elle s'oppose à une augmentation de 500[NB]000 francs du budget de cette position et soutient le [PAGE 2231] projet du Conseil fédéral, soit le montant de 7[NB]091[NB]200 francs. L'augmentation proposée vise à indemniser les dégâts des grands prédateurs, en l'occurrence le loup.
La majorité de la commission veut donner un signal à l'intention des éleveurs de moutons et de chèvres et, ainsi, elle admet implicitement que les pertes vont aller en augmentant dans les années à venir au vu de l'augmentation des meutes de loups. Les carnages vont se propager avec l'agonie et la mort cruelle des animaux suite à des blessures. C'est un vétérinaire qui vous le dit.
Donner 500[NB]000 francs, c'est se donner bonne conscience et éluder le problème; c'est mettre, à mon avis, un emplâtre sur une jambe de bois. La minorité que je représente s'oppose à cette augmentation pour deux raisons.
La première, c'est que les indemnisations des dommages et des pertes d'animaux doivent correspondre à la valeur réelle des animaux, et non être calculées en fonction des montants qui sont à disposition au budget. D'ailleurs, d'après le Conseil fédéral, les montants qui sont budgétés sont suffisants.
La deuxième raison, c'est que, pour résoudre ce problème, le Parlement se doit d'apporter une solution durable, pragmatique et efficace pour éviter une désertion et un abandon des alpages qui auraient des conséquences désastreuses et pour l'économie, et pour l'environnement, et occasionneraient une perte de revenu importante pour les éleveurs et des risques accrus d'incendie et d'avalanche. La révision de la loi sur la chasse apportait une solution pour réguler la prolifération des prédateurs en accordant aux cantons des autorisations de tirs préventifs avec l'accord et la bénédiction de la Confédération. Mais le peuple en a décidé autrement au terme d'une votation qui a mis en évidence le fossé qui existe entre les villes et les campagnes, les cantons urbains et les cantons montagnards. Nous acceptons cette décision du peuple. Toutefois, la politique doit remettre l'ouvrage sur le métier pour apporter une solution acceptable pour réguler les grands prédateurs. Le problème ne saurait être réglé avec des indemnités et de l'argent. La Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie semble l'avoir compris puisqu'elle vient d'accepter deux interventions, dont une motion de commission, qui vont dans ce sens, si mes informations sont correctes.
En résumé, je vous invite à suivre ma minorité.