Berset Alain · Bundesrat · 2021-03-10
Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2021-03-10
Wortprotokoll
Que demande ce postulat que, je vous rappelle, le Conseil fédéral vous invite à accepter? Ce postulat demande un rapport sur l'opportunité d'une modification, peut-être, de la loi fédérale sur l'assurance-accidents, afin d'intensifier la prévention et la reconnaissance du syndrome d'épuisement comme une maladie professionnelle. Le postulat ne demande rien d'autre que de créer une base où serait rassemblé ce que l'on sait et où l'on dirait ce que l'on ne sait pas, de manière à pouvoir se forger une opinion sur la problématique.
J'aimerais vous dire que si le Conseil fédéral, dans les temps actuels où il y a déjà beaucoup de travail, est néanmoins d'accord de faire un rapport à ce sujet, eh bien, c'est parce qu'il partage le souci de l'auteur du postulat. D'abord, sur le fait que le burn-out est une réalité en constante augmentation, puis sur le fait qu'il est nécessaire aujourd'hui, pour le Parlement et pour le Conseil fédéral, de se doter d'une base de réflexion pour voir si, oui ou non, il faut faire quelque chose et, si oui, ce qu'il faut faire. Cela doit aussi nous permettre d'attirer votre attention ou, peut-être, de rassembler les expériences réalisées dans d'autres pays.
Nous savons plusieurs choses à ce sujet. D'abord, que c'est une thématique très complexe et qui existe. Personne ne conteste l'existence de ces phénomènes, même si, aujourd'hui, avec cette complexité, on n'a même pas une définition claire du syndrome de burn-out. C'est souvent décrit comme une maladie ou comme un problème multifactoriel. On lui attribue d'ailleurs la plupart du temps des origines diverses, d'ailleurs pas toujours toutes liées au travail. Mais enfin, c'est quelque chose qui existe, qui est complexe, sur quoi on a aujourd'hui trop peu d'informations, et on voit néanmoins que d'autres pays sont devenus actifs dans ce domaine.
Il nous semble donc nécessaire aujourd'hui, pour initier une réflexion, un débat, une analyse, d'établir et d'examiner dans un rapport où on en est, de dire quelle est la situation aujourd'hui dans notre pays. La seule chose que vous feriez en suivant l'avis du Conseil fédéral qui propose d'accepter le postulat, c'est soutenir les efforts que nous faisons pour produire un rapport. Il ne s'agit pas d'une décision, mais d'un rapport, et ensuite il vous appartiendra, avec le Conseil fédéral, de voir si d'autres pas sont nécessaires. Mais, de toute [PAGE 361] manière, personne ne peut nier aujourd'hui la nécessité d'en savoir un peu plus.
On ne peut pas nier l'existence d'une réalité simplement en refusant un postulat. C'est la raison pour laquelle je vous invite, avec le Conseil fédéral, à l'accepter et, ensuite, sur la base du rapport, à mener un débat au sein du Parlement, un débat auquel nous nous réjouissons de participer avec vous.