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Grin Jean-Pierre · Nationalrat · 2021-03-10

Grin Jean-Pierre · Nationalrat · Waadt · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-03-10

Wortprotokoll

Cette initiative est une fausse bonne idée. Ancrer dans notre Constitution un plan d'abandon des expériences contraignantes sur les animaux alors que nous soutenons financièrement la recherche avec plusieurs milliards de francs par année est un non-sens vis-à-vis du dynamisme de cette même recherche dans notre pays.

La communauté scientifique veille déjà à ce que les expériences animales soient réduites au minimum et remplacées par des méthodes alternatives. Mais cela ne peut pas se faire en un simple claquement de doigts, comme le proposent les auteurs de l'initiative, car dans des domaines spécifiques de la médecine humaine et vétérinaire, il n'est pas possible d'y renoncer totalement.

Si elle est acceptée, cette initiative compromettra l'avenir de la place scientifique suisse et du progrès médical, qui dépend de certaines expériences animales. Se priver d'un médicament importé et issu de l'expérimentation sur les animaux est un non-sens. Pensez aux vaccins contre le Covid-19. Si cette initiative était entrée en vigueur, l'on ne pourrait pas importer ces vaccins.

La législation suisse en matière d'expérimentation animale est déjà l'une des plus strictes au monde. En interdisant totalement l'expérimentation, l'on pourrait voir certains pans de [PAGE 355] notre recherche déplacés vers l'étranger, plus libéral en la matière. L'acceptation de cette initiative aurait donc de graves conséquences sur notre industrie et nos hautes écoles. Dans certains domaines, comme la médecine humaine, cela impliquerait de facto une interdiction de la recherche, ce qui serait aussi désastreux pour notre place scientifique et, par là même, pour notre système de santé.

Avec cette interdiction totale de l'expérimentation animale et humaine, la Suisse perdrait en outre son rattachement à la recherche internationale, rattachement qui est cher aux personnes qui soutiennent cette initiative ou les propositions de contre-projets.

Comme déjà relevé, les expériences sur les animaux ne sont autorisées en Suisse que s'il n'existe aucune autre alternative. Leur nombre est limité au strict minimum, les méthodes de recherche et les conditions de détention en animalerie imposent le moins de contraintes possible pour les animaux.

La proposition de renvoi à la commission avec le mandat d'élaborer un contre-projet indirect est à rejeter, car, comme je l'ai relevé, notre communauté scientifique veille déjà à ce que les expériences sur les animaux soient réduites au minimum et remplacées par des méthodes alternatives. Le but final du contre-projet serait également d'aller vers une interdiction totale.

Donc pas d'interdiction totale, mais, comme cela a été dit, un soutien à la méthode des 3R - raffinement, réduction et remplacement - qui prouve que la limitation des expériences animales est en marche.

Pour toutes ces raisons, je vous demande de suivre la majorité de la commission, de recommander au peuple le rejet de l'initiative et de rejeter aussi les deux propositions de minorité.