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Reynard Mathias · Nationalrat · 2021-03-10

Reynard Mathias · Nationalrat · Wallis · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-10

Wortprotokoll

Je prends la parole pour défendre mon postulat 20.3976, "Prévention et reconnaissance du syndrome d'épuisement professionnel (burn-out) comme maladie professionnelle". Cette intervention a été déposée en septembre 2020 et le Conseil fédéral a proposé de l'accepter. Elle est aujourd'hui combattue par les membres du groupe UDC. J'ai déposé ce postulat à la suite du refus par ce conseil de donner suite à mon initiative parlementaire 18.416, qui visait à une reconnaissance immédiate du burn-out comme maladie professionnelle au sens de la loi fédérale sur l'assurance-accidents. J'ai donc fait le choix de revenir avec une proposition plus modérée, plus consensuelle, laissant davantage de marge de manoeuvre au Conseil fédéral dans son application, afin de trouver un compromis acceptable tant pour le gouvernement que pour le Parlement. Le Conseil fédéral ayant apporté son soutien, il nous reste à trouver aujourd'hui une majorité au sein de ce conseil.

Concrètement, ce postulat charge le Conseil fédéral d'examiner l'opportunité, sur la base des exemples en vigueur dans les pays européens ayant fait le pas, d'une modification éventuelle de la loi sur l'assurance-accidents ou d'autres [PAGE 360] normes légales, afin d'intensifier tant la prévention que la reconnaissance et l'action face au syndrome d'épuisement professionnel, en le reconnaissant comme maladie professionnelle. En d'autres termes, il s'agit de ne pas rester les bras croisés face à ce phénomène et d'identifier comment notre pays pourrait, en s'inspirant d'éventuelles bonnes pratiques d'autres régions, améliorer la reconnaissance et la prévention du burn-out. D'autres pays autour de nous ont déjà agi et pris au sérieux cette problématique.

Personne dans cette salle ne peut nier la réalité de l'épuisement professionnel. Nous connaissons toutes et tous autour de nous des gens qui ont vécu un burn-out. L'immense majorité des médecins, et c'est ce que confirme une étude d'Unisanté sortie en début d'année, ont été confrontés dans leur pratique à la réalité de l'épuisement professionnel. Pourtant, le sujet est totalement absent des débats parlementaires. Aucune réponse concrète n'a pour l'heure été apportée. C'est l'occasion de changer les choses et d'empoigner ce problème.

Il y a tout juste une année, une nouvelle étude fondée sur les chiffres des assureurs suisses démontrait que les absences liées à des problèmes de santé mentale ont augmenté de plus de 50 pour cent depuis 2012 dans notre pays. Comme le burn-out n'est pas considéré comme une maladie professionnelle, il n'est pas pris en charge par l'assurance-accidents. Concrètement, une personne connaissant un burn-out se trouvera dans une situation qui n'est pas véritablement reconnue. Elle ne pourra espérer qu'une prise en charge limitée par la LAMal, en étant considérée bien souvent comme souffrant d'une dépression. Or, non seulement cela ne correspond pas à la réalité du phénomène de burn-out, mais surtout aujourd'hui, c'est en fait l'ensemble de la société, via les primes-maladie, qui finance cette problématique intrinsèquement liée aux situations sur le lieu de travail et aux conditions de travail.

Le travail de prévention, de sensibilisation, d'information, mais aussi d'aide à la réintégration sur le marché du travail manque aujourd'hui dans notre pays.

Je vous remercie donc de bien vouloir apporter votre soutien à cette proposition et rejoindre le Conseil fédéral en soutenant une proposition qui permettrait enfin de prendre au sérieux ce phénomène qui touche avec beaucoup de violence et de dureté un nombre toujours plus élevé de Suissesses et de Suisses.