Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · 2021-03-10
Fehlmann Rielle Laurence · Nationalrat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-10
Wortprotokoll
Cette motion concerne particulièrement des médicaments qui traitent la dégénérescence maculaire liée à l'âge mais pose la question plus générale des coûts des médicaments dans notre pays. Cette problématique n'est pas nouvelle. Depuis à peu près une dizaine d'années, des journalistes font des enquêtes, et plusieurs interventions parlementaires à ce sujet ont été déposées.
Il s'agit donc de parler de ces médicaments, dont certains sont très coûteux. Il y a notamment l'exemple du Lucentis qui est prescrit pour la dégénérescence maculaire, pour lequel il y a une alternative, l'Avastin, qui coûte vingt fois moins cher. A une interpellation précédente, le Conseil fédéral avait répondu que les médecins peuvent utiliser l'Avastin hors étiquette en observant le devoir de diligence qui est exigé. Mais pour qu'une assurance prenne en charge ce médicament pour une autre indication que celle autorisée, il faut qu'une alternative fasse défaut. C'est la raison pour laquelle ma motion charge le Conseil fédéral de modifier l'article 71a alinéa 1 de l'ordonnance sur l'assurance-maladie afin de permettre le remboursement de médicaments reconnus comme efficaces pour une maladie même s'ils ne sont pas initialement dédiés à cette indication et si les alternatives thérapeutiques se révèlent plus coûteuses. C'est le cas justement de l'Avastin et du Lucentis.
Je rappelle aussi que plusieurs pays européens, notamment la France et l'Espagne, ainsi que les Etats-Unis utilisent régulièrement l'Avastin pour traiter cette maladie. Dans certains hôpitaux, il est même ordonné que l'on utilise le médicament le moins cher. Mais, apparemment, en Suisse, on ne peut pas se référer aux expériences intéressantes qui sont faites ailleurs. Nous avons toujours des obligations différentes.
Il est donc tout à fait incompréhensible qu'on ne puisse toujours pas utiliser un médicament qui est reconnu sans danger et efficace et qui, de surcroît, permettrait des économies importantes.
Ce médicament est emblématique d'un problème plus profond en lien avec la puissance des pharmas, et c'est probablement l'arbre qui cache la forêt.
Je vous propose d'accepter ma motion. Ce serait une manière de donner un outil au Conseil fédéral pour agir dans le sens d'une diminution des coûts de la santé, tout en respectant la sécurité de la population.