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Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2021-03-10

Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-03-10

Wortprotokoll

Le problème a été identifié et reconnu par le Conseil fédéral, et également par la FMH, qui a reconnu la problématique d'une forte dépendance de notre pays à l'égard des médecins étrangers. En 2019, ils étaient environ 36 pour cent.

Cette problématique n'est pas nouvelle. Nous en avons parlé pas plus tard que la semaine dernière, dans le cadre d'une autre intervention, la motion Carobbio Guscetti 20.3425. Son titre, "Il faut former plus de médecins en Suisse!", était un peu différent du mien, "Inverser la tendance à l'augmentation du nombre des médecins étrangers". Mais finalement, nous nous rejoignons sur la solution, à savoir qu'il faut former plus de médecins suisses.

J'ai bien entendu la semaine dernière la réponse que le Conseil fédéral a donnée. Il nous a exposé toutes les mesures qui sont prises. Mais il faut bien constater une chose, c'est que ces mesures ne sont pas suffisantes, malheureusement, loin s'en faut.

Je prends un exemple qui, sauf erreur, n'a pas été évoqué par le Conseil fédéral dans sa réponse de la semaine dernière, pas plus que dans sa réponse à mon postulat, c'est la problématique des femmes. Il y a de plus en plus de femmes qui sont formées dans les professions médicales. C'est sûrement une très bonne chose, mais il y a une conséquence pratique, c'est qu'il y a de plus en plus de femmes qui, ensuite, pratiquent à temps partiel.

On forme beaucoup de médecins en termes de nombre de personnes, mais le résultat pour la population, pour les patients, c'est qu'on manque toujours autant de médecins. Et si nous ne formons pas suffisamment de médecins suisses, la conséquence est toute simple: c'est que les médecins qui nous soignent, que ce soit dans les cabinets, dans les cabinets de groupe ou dans nos hôpitaux, sont de plus en plus souvent des médecins étrangers.

Malheureusement, les mesures qui ont été décidées jusqu'à présent par le Conseil fédéral ne suffisent manifestement pas à inverser cette tendance. Si nous ne faisons rien de plus - je ne dis pas que le Conseil fédéral ne fait rien -, que se passera-t-il? Ce phénomène de l'augmentation constante du nombre de médecins étrangers se poursuivra. L'autre conséquence, c'est que de plus en plus de vocations de Suissesses et de Suisses qui souhaitent devenir médecins seront frustrées. Au final, ce sera au plus grand préjudice des patients que nous sommes tous en puissance.

La semaine dernière une faible majorité de notre conseil a rejeté, malheureusement - c'est moi qui le dit -, la motion de notre ancienne présidente. Si on reprend cette forte minorité et qu'on y ajoute quelques voix de plus, je pense qu'on pourrait ainsi donner au Conseil fédéral un signal fort qui serait, je le répète, dans l'intérêt des patients de notre pays.