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Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · 2021-03-15

Baume-Schneider Elisabeth · Ständerat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-15

Wortprotokoll

Assurer le financement de l'AVS jusqu'en 2030, c'est assurément un enjeu politique qui requiert un concept et un dispositif robuste, agile - [PAGE 219] comme vient de le dire notre collègue Stark - et subtil pour intervenir dans le premier pilier, ce pilier qui est le plus important de la sécurité sociale. En effet, il convient de prendre en considération les indicateurs démographiques et socioéconomiques.

On peut, en fonction du débat de ce jour, aisément imaginer à quel point les discussions en commission furent intenses et également conflictuelles sur certains éléments fondamentaux de la réforme. Cette dernière a ainsi plutôt gagné en dureté, tandis que la subtilité s'est malheureusement et régulièrement érodée en fonction des options retenues par la majorité de la commission.

Si, à l'instar de nombreuses personnes, je concède volontiers que je n'étais ni acquise ni fascinée par le relèvement de l'âge de la retraite des femmes pour contribuer au financement de l'AVS dans un avenir proche, je ne conteste pas la nécessité d'une réforme, mais pour autant que l'on puisse se mettre d'accord sur ce que signifie une réforme équilibrée, sur ce que signifie une réforme stabilisée à moyen terme, et pour autant que l'on puisse prendre le temps d'élaborer un projet qui sera en mesure de convaincre la majorité de la population et qui prendra en considération la situation actuelle et à venir de l'ensemble des femmes.

En effet, les femmes sont aujourd'hui encore régulièrement désavantagées, tout au long de leur parcours professionnel ou de leur carrière, avec comme conséquence implacable une discrimination en matière de prestations versées dans le cadre des assurances sociales, et ce de manière significative, au moment de la retraite. De manière systémique, dans notre société, les différences de carrière et la discrimination salariale persistante se traduisent par des rentes plus faibles pour les femmes et par une précarité accrue en fonction du parcours de vie. On peut penser aux familles monoparentales.

D'autre part, il est incontestable que les professions dites typiquement féminines - on pense aux secteurs de la vente, des services, de l'économie domestique - sont également corrélées à des salaires particulièrement bas - de même encore pour les tâches éducatives ou les tâches du "care", qui sont non rémunérées. Et pourtant, toutes et tous participent de manière prépondérante à la prospérité de la Suisse.

La réalité n'est pour le moins pas satisfaisante, au contraire, elle est douloureuse en matière de projet de société, avec - certes, il est simplifié de le dire ainsi - deux fois plus de femmes que d'hommes qui perçoivent des bas salaires, avec par la suite, malgré une assurance AVS redistributive, la perception de rentes un tiers plus modestes que celles des hommes.

Certes, on dira que le projet prévoit des mesures de compensation en faveur de la génération transitoire. Certes, le projet est ciselé en fonction de la complexité des enjeux socioéconomiques et démographiques. Toutefois, je pourrais poursuivre avec les écueils du projet actuel et je veux croire que la poursuite du débat politique permettra encore d'entrevoir de meilleures solutions pour les différents et nombreux points encore en suspens, que ce soit en termes de flexibilité pour la prise de la retraite ou encore de modalité de financement.

En conclusion, avec un tiers de femmes qui ne perçoivent toujours pas de rente de deuxième pilier, il est d'autant plus responsable de disposer de bonnes rentes dans le cadre de l'AVS, pour ces dernières, pour l'ensemble de leurs collègues, et pour toutes les femmes et les hommes.

Vu les réalités actuelles, l'augmentation de l'âge de la retraite est une option trop exigeante, démesurée par rapport aux perspectives contenues dans le projet de loi actuel. Il est juste, conformément à l'article 21 en vigueur, que respectivement les femmes qui ont atteint 64 ans révolus et les hommes qui ont atteint 65 ans révolus continuent à avoir droit à une rente de vieillesse.

Il est évident que j'entrerai en matière sur le projet, mais par contre, je ne pourrai me satisfaire des propositions de la majorité de la commission.