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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2021-03-16

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-16

Wortprotokoll

Je suis toujours surpris lorsque, dans les croyances populaires, on a tendance à opposer l'agriculture à la modernité, en imaginant l'agriculture comme quelque chose qu'on hérite du passé et qui est donc forcément passéiste, alors que l'avenir, ce sont simplement les technologies, les ordinateurs, l'intelligence artificielle, etc. En réalité, j'en suis convaincu, l'agriculture est quelque chose qui fait partie de l'avenir de notre pays. Et comme tout ce qui fait partie de l'avenir de notre pays, c'est quelque chose qui est résolument moderne. Mais pour devenir résolument moderne, il faut accepter de faire le pas de se moderniser.

La politique agricole qui nous est proposée aujourd'hui fait des pas dans cette direction. Elle propose de discuter globalement la question de l'agriculture, et toutes les questions connexes, toutes les problématiques fondamentales qui touchent le monde agricole aujourd'hui.

Il est assez choquant de voir que des personnes refusent de se projeter dans la modernité en refusant d'ouvrir le débat. Nous pouvons comprendre les différences d'opinion, les discussions. Nous pouvons comprendre qu'il faille amender ou mieux comprendre la réalité du terrain de certaines personnes. Nous pouvons comprendre que rien n'est parfait dans le projet du Conseil fédéral. Ce qui n'est pas acceptable ici, c'est de refuser de discuter et de dire, comme certains représentants des agriculteurs, qu'ils refusent d'entrer en matière, alors que ce sont des débats qui font partie de ce qu'est la modernité de notre pays. La modernité de notre pays est évidemment une agriculture qui fait plaisir aux gens. Mais c'est aussi une agriculture au service de [PAGE 496] l'environnement, du bien commun de notre pays, et, aussi un peu, de la planète.

La politique agricole propose énormément de choses qui vont dans ce sens, allant de la réduction des pertes d'azote et de phosphore à la couverture sociale, à l'amélioration des conditions pour les conjoints, aux technologies innovantes, en passant par la transparence ou d'autres choses encore, comme la protection des eaux. Tous ces éléments sont fondamentaux. Ce sont des enjeux de base sur lesquels la population a des attentes. Il est inconcevable que certains milieux agricoles soient allés jusqu'à adopter une position contre-nature s'opposant à l'initiative "pour des multinationales responsables", cela juste pour refuser l'ouverture du débat sur la politique agricole.

Je vous en prie, renoncez à cette stratégie! Acceptez de discuter de la politique agricole. Mettons tout sur la table et proposons pour notre pays une agriculture moderne. La modernité, ce n'est pas laisser les gens en arrière. La modernité, y compris dans le secteur agricole, c'est de se demander comment les intérêts de toutes les personnes - les habitants qui méritent d'être en bonne santé et de bien se nourrir, tout comme les paysans, qui sont aussi des habitants, et qui eux aussi ont droit à de bonnes conditions de travail, qui soient acceptables, et à un niveau de vie suffisant - peuvent être ménagés dans une nouvelle politique agricole.

En refusant d'ouvrir la discussion, nous ne favorisons qu'une seule catégorie de personnes, à savoir les gros producteurs, les représentants de l'agrobusiness. La capacité de l'agrobusiness à empêcher même d'ouvrir la discussion ici, dans notre conseil, dans notre Parlement, est, à mon avis, inacceptable!

Je vous invite donc à soutenir la proposition de la minorité Baumann, et à ouvrir la discussion.

Nous vous promettons, chers agriculteurs membres de notre conseil, que nous serons attentifs à ce que chaque personne dont le métier est de travailler la terre et de produire de quoi nourrir la population de notre pays puisse avoir une vie digne; car c'est une préoccupation que nous avons toutes et tous.