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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2021-03-16

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-03-16

Wortprotokoll

Plus de 13 milliards de francs, vous venez de l'entendre. C'est une somme colossale, mais une somme à la hauteur des enjeux auxquels le monde agricole de notre pays doit répondre. Ainsi, sur le principe, il est évident que ce montant, même s'il peut faire peur vu son ampleur, semble se justifier pour défendre la force notre place agricole et garantir la capacité des personnes qui travaillent la terre de faire leur travail et de nous nourrir.

Toutefois, on ne peut s'empêcher de se poser un certain nombre de questions. Comment se fait-il qu'il soit si difficile d'avoir une discussion globale sur cette question si importante qu'est l'agriculture mais que, lorsqu'il s'agit de donner de l'argent, tout le monde soit d'accord? Pourquoi payer 14 milliards de francs - ou quasiment - est-il plus facile que de discuter de la façon dont cet argent doit être dépensé? Ce sont des questions auxquelles, aujourd'hui, nous n'aurons pas de réponse.

Aujourd'hui, la majorité de la commission propose de donner des sommes d'argent colossales et il y a plusieurs minorités, au sein de la commission, qui proposent de légères réductions de celles-ci. Personne, évidemment, ne propose la suppression de ces financements, et ce pour une raison logique: derrière ces montants, il y a des gens. Derrière chaque franc que nous dépensons pour l'agriculture, il y a quelqu'un qui gagne sa vie grâce à son travail, qui contribue au maintien de la beauté des paysages de notre pays. Mais cette prise d'otages est injuste, elle n'est pas normale: parce que tout le monde sait que jamais nous ne laisserons de côté les paysans et les paysannes de notre pays, alors nous ne devons pas ouvrir un débat important pour notre société?

La minorité II (Bertschy) de la Commission de l'économie et des redevances et la minorité Friedl Claudia de la Commission des finances proposent de limiter la durée sur laquelle porte le crédit. Honnêtement, ces minorités sont totalement logiques. Puisque nous n'avons pas vraiment discuté du contenu de la nouvelle politique agricole, nous devrions avoir la possibilité de rediscuter aussi du financement et des moyens. Et que ce soit clair: le débat, pour nous, n'est pas de savoir si la Confédération mettra plus ou moins d'argent à disposition. Les minorités que nous soutenons ne sont pas là pour dire qu'il faut donner moins d'argent parce que, en définitive, investir dans une agriculture qui rapporte à l'environnement, c'est quelque chose que nous recherchons et souhaitons faire.

Ce que nous voulons, c'est que les objectifs de la politique agricole soient globaux, qu'ils ne tiennent pas seulement compte de l'argent que l'on dépense, mais aussi des conditions de travail et du respect de l'environnement. Or aujourd'hui, seules certaines parties de ces objectifs sont remplies.

Alors évidemment, par respect pour les personnes concernées, nous ne pouvons pas rejeter un tel projet, parce que nous croyons que ces paiements directs, que ces subventions sont nécessaires et justes. Nous en sommes convaincus.

Mais cela ne nous empêchera pas de montrer un certain mouvement d'humeur, parce que nous considérons qu'il n'est pas très loyal de ne pas discuter de cette politique agricole et de n'avoir que l'argent sur la table, sans les missions importantes de ces secteurs pour notre pays.

De ce point de vue, je vous invite à suivre les minorités, parce qu'il est important de pouvoir donner une partie de l'argent, mais de garder les aspects ouverts pour la suite de la discussion. Il est important que nous puissions continuer et remettre cet ouvrage sur le métier le plus vite possible. Et lorsque nous rediscuterons de politique agricole, il est important aussi que les questions financières soient ouvertes.

D'où la logique des minorités II et III (Friedl Claudia) et I et II (Bertschy), que le groupe socialiste vous invite à suivre.