Mugny Patrice · Nationalrat · 2002-11-28
Mugny Patrice · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2002-11-28
Wortprotokoll
Est-ce que vous avez déjà entendu parler de l'empreinte écologique? L'empreinte écologique, c'est le taux de pollution qu'une personne produit. Vous savez certainement que la nature est capable d'absorber une grande partie de la pollution, et le but est que nous ne polluions pas plus que ce que la nature peut absorber.
La Suisse est donc bien au-delà de son empreinte écologique qui serait conforme pour que l'ensemble des gens du monde puissent polluer à peu près la même chose. On reviendra tout à l'heure sur la question des crues et des inondations liées au climat, mais on sait très bien que nous avons un problème de plus en plus grave lié à la surpollution que nous produisons non seulement en Suisse, mais aussi dans une grande partie du monde industrialisé. Or, selon les calculs, 35 à 40 pour cent de cette pollution vient des transports, le reste venant en gros - je fais des estimations grossières - du logement et de l'industrie, et, dans une moindre mesure, de l'agriculture.
Récemment, l'Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage a sorti - je l'ai dit hier - une documentation extrêmement intéressante sur les inductions, donc la pollution produite par les transports et qui a des effets non seulement sur le climat mais aussi sur l'état de la nature, en particulier dans les Alpes. Je crois qu'il est évident pour à peu près tout le monde que le rail est un mode de déplacement moins polluant que l'avion ou que le camion, étant entendu que la façon de se déplacer la plus douce est de marcher ou de prendre son vélo. Le rail pollue aussi mais beaucoup moins, en tout cas quand il est utilisé correctement.
Je ne vais pas intervenir pour développer chaque proposition de minorité. Je vais les traiter ensemble. Il y avait un objectif de la Suisse et qui avait été très près d'être atteint il y a quelques années: il ne devait plus y avoir de passages, par exemple de camions, à travers la Suisse autrement que sur le rail. Nous étions au-delà de 90 pour cent il y a quelques années; nous sommes maintenant en dessous de 70 pour cent. C'est une dégradation qui était plus ou moins attendue après les bilatérales I qui ont permis le transit des camions de 40 tonnes. Le but est de remonter à une proportion plus élevée et de réduire le nombre de camions qui traversent la Suisse, c'est ce qui est souhaité officiellement et qui a été voulu par le peuple et le Parlement.
Je trouve extrêmement navrant qu'actuellement, au lieu de tenter de favoriser ce genre de chose, on soit en train de réduire des crédits qui sont assez essentiels et qui concernent le rail. Prenez par exemple un élément: les membres de la sous-commission 8 de la Commission des finances se sont rendus l'année dernière en Italie pour visiter des lieux de transbordement de containers de la route au rail; les containers font des centaines voire des milliers de kilomètres sur le rail puis ils sont récupérés et transbordés à l'autre bout du parcours. Le transporteur a expliqué qu'il était extrêmement difficile d'avoir une rentabilité intéressante pour le transport par le rail et que le transport par la route, souvent, était plus intéressant financièrement que celui par le rail. Eh bien, un [PAGE 1826] des crédits que l'on va sabrer de façon relativement importante dans le débat qui nous occupe aujourd'hui, c'est justement celui qui sert à rendre le rail plus intéressant et plus compétitif que la route pour le transfert des containers ou même des camions tout entiers.
Tout à l'heure, on aura aussi à voter non seulement sur le rail mais également sur la route. On est réellement à une croisée des chemins dans ce point de vue là: si on ne prend pas cette décision aujourd'hui, on la prendra dans dix ou vingt ans. J'attire simplement votre attention sur le fait qu'il y a quelque chose d'assez navrant de voir qu'aujourd'hui on persiste à aller dans ce sens-là et qu'un beau jour il faudra bien arrêter.
On parlera tout à l'heure des crues et des inondations. Je crois que maintenant il est avéré que le réchauffement de la planète dû à la pollution produit un certain nombre de dégâts qui coûtent bien plus cher au bout du compte non seulement en termes de qualité de vie, mais aussi en termes financiers.
Je vous en conjure: essayez au moins de préserver le projet initial du Conseil fédéral en ce qui concerne le rail et n'augmentez pas les crédits pour la route.
Je ne reviendrai pas sur ce sujet. En revanche, je réinterviendrai sur la question des crues et des inondations.