Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2021-05-05
Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2021-05-05
Wortprotokoll
Je salue le changement de paradigme que propose cette initiative, qui vise à inscrire dans la Constitution le principe du consentement présumé en matière de don d'organes.
Qu'un décès puisse être utile, c'est loin d'être futile. Mais peu d'entre nous ont suffisamment de détachement et d'abnégation pour anticiper cette option et se projeter dans cet après. D'autant plus dans nos sociétés, où parler de sa mort est bien souvent tabou. L'enjeu est pourtant crucial. Crucial évidemment pour les familles qui sont endeuillées, à qui l'on pense en premier lieu. Mais crucial aussi pour celles et ceux dont la vie est en péril, dont le destin est en jeu.
C'est précisément le cas de l'un de mes amis, un jeune père de famille atteint d'une maladie génétique; le diagnostic est sans appel. La transplantation est son seul espoir. L'état de ses reins s'est fortement et rapidement détérioré. Certes, les dialyses lui permettent dans une certaine mesure de pallier ces difficultés, mais sa vie est fortement entravée et sa survie menacée. Avec près de quatre dialyses par semaine, je vous laisse imaginer son quotidien. Il est dans l'incapacité de travailler, de fonctionner normalement et de se projeter. C'est la vie et les perspectives de toute une famille qui sont ainsi entravées. Depuis quatre ans, il est inscrit sur la liste nationale pour bénéficier d'un don d'organe. Depuis quatre ans, il attend. Et le temps qui passe joue contre lui, car chaque jour entame son capital santé et limite les perspectives de sa famille.
Et les nouvelles ne sont pas bonnes - nous l'avons déjà entendu à la tribune. Swisstransplant a communiqué lundi que la pandémie aggrave la situation. Les chiffres sont au plus bas. Les listes d'attente n'ont cessé de s'allonger, le nombre de donneurs a encore reculé. L'organisation craint une augmentation de 50 pour cent du taux de mortalité des personnes figurant sur la liste d'attente nationale.
Alors aujourd'hui, c'est à toutes celles et tous ceux, qui, comme mon ami et sa famille, attendent un don pour envisager un futur, qu'il faut avant tout penser. Opter pour le consentement présumé au sens strict, c'est choisir la variante qui donnera le plus d'espoir de vie. C'est pourquoi je suis favorable à l'initiative.