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Beck Serge · Nationalrat · 2002-12-02

Beck Serge · Nationalrat · Waadt · Liberale Fraktion · 2002-12-02

Wortprotokoll

Je crois qu'il convient une fois de plus, mais cela est nécessaire, de rappeler les difficultés du secteur agricole lorsque nous abordons ce sujet, et de dénoncer peut-être là aussi une fois de plus la méthode Coué qui est pratiquée dans chaque rapport agricole - le dernier exemplaire est là pour nous montrer à nouveau l'autocongratulation du directeur de l'OFAG renouvelée à chaque exercice, à tel point que cette année il nous dit: "En moyenne, les revenus sont moins élevés dans l'agriculture que dans les autres secteurs de l'économie. C'était déjà le cas dans l'ancien régime. Et j'ajoute: "Donc, tout va bien dans le meilleur des mondes."

Il convient de se remémorer que les revenus agricoles sont inadmissiblement bas par unité de main-d'oeuvre; ils varient dans les régions les plus favorisées, c'est-à-dire la plaine, à environ 3200 francs en moyenne par unité de main-d'oeuvre, et descendent jusqu'aux environs de 2000 francs dans les régions de montagne.

Je crois, contrairement à ce que disait M. Tschuppert tout à l'heure, que calmer les esprits ne suffit pas. C'est un autre devoir qu'a la collectivité publique, c'est un autre devoir qu'ont les organisations professionnelles: c'est celui de préparer et d'aider à l'évolution de cette branche afin qu'elle ne disparaisse pas. Non seulement qu'elle ne disparaisse pas contre l'intérêt de ses propres membres, mais qu'elle ne disparaisse pas contre l'intérêt de la communauté nationale en général.

Le rapport "PA 2007" prévoit la suppression des contingentements, ce qui est une perspective économique saine et réaliste; les libéraux l'ont dit à l'occasion de la consultation.

L'orientation de la production doit se faire en direction de la demande. Celle-ci est un mécanisme bien plus sain à long terme que n'importe quelle planification, qu'elle soit des corporations publiques et de la Confédération, ou même des différentes branches de production. Cependant, ce rapprochement des conditions de marché doit être progressif pour permettre aux filières de sentir le marché, de s'y frotter et de s'y adapter petit à petit, en prenant des dispositions cohérentes.

Finalement, nous sommes tous des apprentis. La preuve en est que le Conseil fédéral comme les paysans voient la nécessité d'adapter ces décisions en cours de période. C'est bien naturel dans la mesure où on souhaite justement s'adapter à un marché qu'on ne prédétermine pas, qu'on ne planifie pas, mais qui est la concrétisation d'échanges vivants, évolutifs dans le temps en fonction du goût des consommateurs, par l'impact de certains produits.

On pouvait craindre que la transition vers davantage de marché soit effectuée de la manière la plus malsaine. Et c'est peut-être un petit peu les premières orientations qu'on avait prises, celles de réductions ou d'augmentations linéaires du volume de production, qui étaient en partie évoquées dans la "PA 2007" et qui auraient vu, par exemple, la branche laitière entière augmentée ou diminuée dans ses capacités de production. Nous pouvons nous féliciter que, contrairement à ce qui se passe dans le cadre du débat budgétaire - et c'est heureux! -, le Conseil fédéral ne prévoie plus de prendre des mesures linéaires, mais prévoie bien d'avantage une orientation vers des mesures qui responsabilisent les filières.

Je crois que mon préopinant, M. Ehrler, qui a parlé au nom du groupe démocrate-chrétien, avait parfaitement raison. Il y a sans doute passablement d'équivoque et d'ambiguïté dans les termes d'"interprofession" ou de "filière de production". Ce que nous voulons, ce qui est nécessaire et indispensable, c'est bel et bien que ce soient les filières de produits qui aient la liberté, dans la mesure où elles pénètrent davantage le marché, où elles ont aussi davantage de possibilités d'exportation, d'adapter leur volume de production. Nous voulons que l'on sorte d'un système linéaire où, pour atténuer les difficultés de secteurs ou de produits moins performants, on pénalise tout le monde. Si nous persévérions dans un tel système, jamais nous ne pourrions donner à notre agriculture les conditions de base qui sont nécessaires non seulement à sa survie, mais aussi à son développement, car elle reste un secteur important pour l'économie de ce pays.

Je crois donc qu'il convient d'entrer en matière sur ce projet de loi urgente, qui tombe à point nommé et qui est une orientation très importante pour l'avenir de la profession. Je vous invite donc à adopter le projet tel qu'il est issu des débats du Conseil des Etats de manière à ne pas créer encore des divergences et prolonger le délai nécessaire à la prise de mesures qui vont tout à fait dans le bon sens.