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Brélaz Daniel · Nationalrat · 2021-06-07

Brélaz Daniel · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2021-06-07

Wortprotokoll

Je ne reviendrai pas sur les nombreux crédits non contestés et me concentrerai sur les cinq objets qui vont faire l'objet d'un vote.

En ce qui concerne tout d'abord les propositions de minorité de nos amis de l'UDC visant à octroyer moins que ce que demande le Conseil fédéral ou à ne rien octroyer, il faut distinguer trois choses.

Premièrement, M. Guggisberg considère que les cantons et les communes ont tellement peu payé qu'ils peuvent faire leur part et que cela ne sert à rien de leur octroyer une aide supplémentaire. Il se trouve quand même qu'on est dans un système où tout a été négocié en amont, et où une coupe dans les crédits demandés par le Conseil fédéral serait potentiellement dommageable. Est-ce que c'est injuste ou pas? C'est une discussion potentiellement infinie. Ce qu'on peut toutefois constater, c'est que la Confédération est, pour toutes les agences de notation, le meilleur emprunteur de Suisse. Elle ne bénéficie pas uniquement du triple A, mais du triple A plus vingt points, ce qui signifie en l'occurrence des taux négatifs. Donc, nous ne voyons aucune raison de rouvrir cette discussion ou de remettre ce compromis en question.

Deuxièmement, en ce qui concerne la proposition de la minorité Nicolet portant sur les autotests, il y a une certaine forme de confusion. L'autotest ne permet pas d'accéder à la vérité absolue, mais il est à peine moins bon que le test nasal dans les statistiques dont on dispose. On a simplement considéré que c'était une forme d'alerte: si on a le moindre doute, on fait un autotest, et s'il est positif on fait ensuite un test plus complet pour être vraiment sûr. Si on n'a pas cet instrument à disposition, on est obligé de passer aux tests complets pour lesquels, aujourd'hui encore, il faut compter 48 ou 72 heures jusqu'à ce qu'on reçoive le résultat. Dans cette optique-là, compte tenu des 30 milliards de francs déjà dépensés depuis le début de la pandémie, il ne nous paraît pas justifié de prendre le risque de renoncer à ce crédit de 112 millions de francs, ce d'autant plus que les commandes sont pour l'essentiel déjà passées.

Enfin pour ce qui est de la troisième minorité issue des rangs UDC concernant les vaccins, on peut considérer effectivement que la Confédération et le Conseil fédéral optent pour le régime de précaution maximale. Mais Mme Sollberger veut renoncer à l'intégralité du crédit, donc on est à l'autre extrême.

Un système de protection maximal signifie que l'on se réfère effectivement aux hypothèses les pires: deux vaccins nécessaires, plutôt six à neuf mois, et puis cela donne un chiffre en dizaines de millions de doses. Mais on est obligé de faire ce genre de commande maintenant. Le principe "hâte-toi lentement", c'est-à-dire discuter jusqu'en décembre prochain pour décider si on fait quelque chose au cas où le besoin se ferait sentir ferait que plus aucune société ne pourrait livrer. Nous serions repartis pour une partie des 30 milliards de francs, soit 600 millions de francs plutôt que peut-être 300 ou 400, ce qui ne serait manifestement pas raisonnable. De plus, si nous avions vraiment trop de doses, je vous assure qu'il y aurait un tas de demandeurs sur la planète qui se réjouiraient d'en avoir.

Pour ce qui concerne l'aspect international, la proposition d'amendement consistant à augmenter de 600 millions de francs les efforts à l'extérieur, on voit que c'est une tendance mondiale. On constate que si nous nous en sortons bien, nous nous en sortirons tous ensemble, et pas en ayant une espèce de nombre assez grand de ghettos non vaccinaux qui pourraient relancer, par le tourisme ou d'autres manières, une pandémie mondiale, surtout si des variants embêtants arrivent. Dans cette optique, qui nous paraît juste, anticiper ce mouvement mondial reviendrait à rajouter 600 millions de francs parce que finalement si l'ensemble du monde était mieux préservé, la Suisse le serait aussi.

Enfin, l'amendement sur la maison des gardes suisses ne consiste pas à supprimer les 5 millions de francs prévus, mais pose une condition. Elle est parfaitement compatible avec la doctrine de l'Eglise catholique puisque le pape est un des principaux initiateurs au niveau mondial du combat pour le développement durable et de la lutte contre les dérèglements climatiques. Sans vouloir être plus catholique que le pape, il nous paraît donc raisonnable d'accepter la proposition d'amendement.