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Français Olivier · Ständerat · 2021-06-09

Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2021-06-09

Wortprotokoll

Chaque personne qui a eu le privilège de faire le déplacement a pris la parole et a pu donner son témoignage. Comme l'a dit mon préopinant, je ne peux que cautionner tous les propos qui ont été tenus. Je remercie le bureau de nous avoir permis de faire ce déplacement. Je dois constater qu'il n'est pas courant que l'on fasse ce type de déplacement. Il n'est pas si courant de vivre les moments que nous avons pu vivre durant ces deux jours et demi[NB]en[NB]Grèce. Aller à Athènes pour contrôler la structure de Frontex, c'est bien, mais aller à la frontière - je ne vous le cache pas -, et notamment celle entre la Grèce et la Turquie, cela laisse des traces et ne peut pas nous laisser indifférents.

D'abord, au niveau structurel, il est intéressant de rencontrer le personnel qui est actuellement sur place. Nous avons eu l'occasion de rencontrer deux gardes-frontière suisses. Ils sont l'image que la Suisse donne dans les pays qui ont des difficultés dans la gestion de leurs frontières. On a pu constater la fierté des gardes-frontière de faire ce travail. Je tiens à souligner la qualité de ces personnes et de leur [PAGE 539] préparation pour accompagner les gardes-frontière, grecs en l'occurrence.

Nous avons fait un voyage en Grèce, mais on aurait pu faire le même type de voyage dans d'autres pays. Je pense à l'Espagne, où nous aurions vécu des moments d'émotion similaires. Par contre nous n'aurions pas vu ce que l'on a pu voir en Grèce, c'est-à-dire la construction d'un mur. Il y a eu beaucoup de débats sur le mur entre le Mexique et les Etats-Unis. Nous, nous avons vu la construction d'un mur identique, avec deux mètres de hauteur de différence, et qui se construit relativement rapidement. Il n'y a pas vraiment eu de débat sur ce mur, mais ce qui est sûr, c'est que la gestion des migrants pose problème, pour le pays d'accueil, mais aussi pour tout le continent européen, et en particulier aussi pour les gens qui cherchent un accueil pour mettre leur famille et eux-mêmes en sécurité.

Nous nous sommes tous interrogé sur cette question: quid de ces migrants? Ce n'est pas une question qui est vraiment traitée. Nos gardes-frontière sont là pour appuyer les contrôles aux frontières de l'espace Schengen, mais on s'est tous interrogés sur l'avenir de ces migrants.

Aller dans un camp - l'un des rares organisés sur le site - laisse des traces. Cela laisse des traces de voir des jeunes enfants, comme cela a été dit, qui sont dans ce qui équivaut presque à une cage à poule, qui nous accueillent avec un sourire et nous interpellent, mais avec qui nous n'avons pas pu dialoguer parce que nous étions très empruntés pour apporter des réponses à ces gens qui suivent une procédure relativement difficile.

Je reviens donc sur deux points dans cette entrée en matière. Il faut bien sûr dire oui à l'appui que les gardes-frontières pourraient apporter à Frontex - et pas seulement en Grèce comme je viens de le dire - en complétant le contingent demandé jusqu'à 10[NB]000 hommes; les autres pays de l'espace Schengen devront faire un effort à peu près équivalent au nôtre pour mettre à disposition les moyens demandés.

Il faut aussi donner un droit à ces migrants, une fois la frontière passée, et leur offrir tout simplement le minimum de dignité qu'est en droit de demander tout être humain. C'est un effort particulier. Vous verrez, dans l'arrêté fédéral, qu'une minorité Jositsch vous propose d'accueillir 4000 personnes et la majorité de la commission 2800. Il faudra en discuter. Cet accueil devra bien sûr se faire en concertation avec les cantons. Mais je pense que la Suisse, qui est le siège de différents organismes internationaux et qui se veut participative dans le cadre des difficultés que l'on peut avoir de-ci de-là, doit accueillir ces réfugiés dignement.

Je vous invite à entrer en matière tant sur la loi que sur l'arrêté fédéral.