Sommaruga Carlo · Ständerat · 2021-06-17
Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-06-17
Wortprotokoll
Nous le savons tous, la découverte des antibiotiques a transformé notre monde. Des millions de vies ont été sauvées. Toutefois, les antibiotiques ont été utilisés de manière si intensive que beaucoup perdent leur capacité à vaincre les bactéries. Selon l'OMS, les superbactéries résistantes aux antibiotiques sont déjà responsables de 700[NB]000 décès par an. Malheureusement, le rythme de développement de nouveaux médicaments ne suit pas celui des résistances.
Les bactéries résistantes aux médicaments peuvent affecter n'importe qui, à tout âge, dans n'importe quel pays, en Suisse aussi. Elles entraînent des séjours hospitaliers plus longs, des coûts médicaux plus élevés, qui sont aujourd'hui estimés à plus de 10 milliards de dollars par exemple, si l'on prend les Etats-Unis et l'Europe réunis.
L'OMS estime d'ailleurs que la résistance aux antibiotiques est l'une des plus grandes menaces pour la santé mondiale. La plupart des entreprises pharmaceutiques ne travaillent plus sur de nouveaux antibiotiques, car leur rentabilité est limitée. Cette situation a poussé l'OMS et le DNDi, une autre organisation médicale internationale oeuvrant au coeur de la Genève internationale, à fonder le GARDP, soit le Partenariat mondial sur la recherche-développement en matière d'antibiotiques, pour accélérer le développement de traitements contre les infections résistantes aux médicaments. Ce qui est essentiel pour le GARDP, c'est qu'il rassemble l'expérience et l'innovation des gouvernements, du secteur privé, des universités et de la société civile pour développer des traitements et stimule les partenariats public-privé.
Je me réjouis donc que le Conseil fédéral, dans le cadre de sa politique extérieure en matière de santé publique, fasse [PAGE 725] de la résistance aux antibiotiques une de ses priorités. La consolidation de la position du GARDP au sein de la Genève internationale et la conclusion de l'accord de siège sur les privilèges et immunités constitue aussi un pas important qui renforce la reconnaissance internationale du GARDP.
Reste la question financière. Selon les informations disponibles, il apparaît que le GARDP est fortement soutenu par des pays comme l'Allemagne ou le Royaume-Uni. Si l'Allemagne a versé globalement cinquante fois plus d'argent que la Suisse au GARDP, les Pays-Bas, un pays comparable au nôtre, a versé six fois plus d'argent. Depuis sa création, le GARDP a reçu de la Suisse une contribution globale se limitant à 1,5 million de dollars. Ce financement insuffisant s'explique par le fait que le versement se fait actuellement par l'intermédiaire d'une contribution de l'Office fédéral de la santé publique.
Or, le budget de l'Office fédéral de la santé publique pour la politique internationale de la santé est très modeste. D'ailleurs, cette contribution devait prendre fin en 2021. Toutefois, selon les informations reçues après le dépôt de l'interpellation, toute modeste qu'elle soit, la contribution suisse sera renouvelée en 2022. Il est indispensable qu'une collaboration puisse être mise en place entre l'Office fédéral de la santé publique et la DDC, pour que la contribution financière en faveur d'une organisation oeuvrant dans le domaine de l'une des priorités en matière de santé publique internationale ne soit pas interrompue en 2023, et surtout pour que le montant global de la contribution suisse soit renforcé à la hauteur de celle de pays comparables.
Dans ce sens, il est cohérent, en perspective du prochain crédit-cadre de la coopération internationale, d'intégrer le GARDP dans les organisations prioritaires comme le Gavi, qui sont soutenues par des contributions de base pluriannuelles. C'est en tout cas la préoccupation des signataires de l'interpellation.