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Maret Marianne · Ständerat · 2021-06-17

Maret Marianne · Ständerat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-06-17

Wortprotokoll

Dans le cadre du programme de soutien "Offres d'allègement pour les proches aidants 2017-2020", le Bureau d'études de politique du travail et de politique sociale Bass a élaboré une étude sur les mesures prises par les entreprises pour concilier activité lucrative et prise en charge des proches.

Cette étude montre que presque toutes les entreprises qui ont connaissance chez un de leurs collaborateurs d'une situation de ce type prennent des mesures pour lui permettre de concilier plus facilement vie professionnelle et vie familiale. Ces mesures semblent davantage rapporter à l'entreprise qu'elles ne génèrent de coûts. Or les discussions dans le grand public montrent qu'en général on pense que les mesures visant à concilier activité professionnelle et prise en charge d'une personne dépendante sont associées à des coûts plus élevés que les avantages pour les entreprises. A noter que cela me rappelle furieusement les discours qui prévalaient encore il y a vingt ans lorsqu'il s'agissait d'engager des femmes qui avaient des enfants en bas âge.

Par ce postulat, je demande qu'une analyse soit faite sur ce thème. Aujourd'hui, tout le monde sait qu'un collaborateur heureux est un collaborateur qui travaille bien dans la toute grande majorité des cas. Permettre à un collaborateur proche aidant de concilier au mieux cet aspect de sa vie avec sa vie professionnelle devrait aller dans le même sens. Mais à peu près rien n'existe comme étude à ce sujet. C'est une erreur. Je ne comprends pas le refus du Conseil fédéral.

Est-il nécessaire de rappeler ici qu'un proche aidant est un maillon essentiel du maintien à domicile et que, sans ce maillon, davantage de personnes devraient vivre dans des institutions? Est-il nécessaire de rappeler ici que les coûts des personnes qui vivent en institution sont démultipliés par rapport aux coûts engendrés par le maintien à domicile? Est-il nécessaire de rappeler ici que les collectivités publiques, par leur action, devraient permettre le choix du lieu de vie tant que cela est possible et par conséquent mettre en oeuvre tous les moyens pour que ce choix puisse se faire le plus longtemps possible, sachant encore une fois qu'il est bien moins onéreux qu'une place en institution?

Le Conseil fédéral ne veut pas faire cette étude mais salue à longueur d'année le rôle central des proches aidants dans la société. Dans son programme de promotion "Offres visant à décharger les proches aidants 2017-2020", il est écrit, entre autres, que le programme a pour ambition de créer des repères pour que les proches aidants reçoivent davantage de soutien dans le monde du travail et de la formation. Il est indispensable pour cela de démontrer que la mise en place de ces soutiens représente une valeur ajoutée pour ceux qui les [PAGE 720] mettent en oeuvre, sans cela le travail n'est pas terminé, pas abouti. Et c'est donc ce que je demande.

A noter que cette analyse est pertinente tant pour les proches aidants que pour les employeurs qui, tôt ou tard, seront confrontés à de telles situations, car il y a de plus en plus de proches aidants en Suisse en raison, entre autres, du vieillissement de notre population.

La Careum Hochschule Gesundheit développe actuellement un projet "Work and Care Modular" avec le financement du Bureau fédéral de l'égalité entre femmes et hommes. Ce projet vise à mettre à la disposition des entreprises des modules pouvant être utilisés de manière flexible afin de simplifier la conciliation des tâches de soin et de l'activité professionnelle en Suisse.

Selon la description du projet, aucune qualification des coûts et des bénéfices n'est intégrée dans ces modèles. C'est une erreur, car pour inciter les employeurs à mettre en place des mesures, il ne suffit pas de leur dire comment le faire, mais il faut également pouvoir quantifier la valeur ajoutée que cela leur apporte. Le projet de cette haute école est une bonne chose, mais encore faut-il donner l'envie aux employeurs de l'implémenter.

Dans sa réponse, le Conseil fédéral, pour justifier son rejet, se réfère à la nouvelle loi fédérale sur l'amélioration de la conciliation entre activité professionnelle et prise en charge de proches. Il se réfère en particulier aux nouveaux outils que sont le maintien du salaire en cas d'absence de courte durée et la possibilité de prendre un congé payé de quatorze semaines pour s'occuper d'un enfant gravement malade ou victime d'un accident.

C'est très bien, mais ce n'est pas de cela que je parle dans mon postulat. Cette interpellation parlementaire n'évoque pas les situations d'urgence mais bien au contraire les prises en charge qui s'inscrivent dans la durée et qui nécessitent une organisation adéquate pérenne. Quant au fait qu'il serait laborieux d'un point de vue méthodique d'effectuer une analyse du retour sur investissement des mesures visant à soutenir et à décharger les proches aidants, franchement, cela me laisse perplexe par rapport à l'engagement de ces personnes qui sont des piliers fondamentaux de notre société dont on aura de plus en plus besoin.

Pour tous ces motifs, je vous serais reconnaissante de bien vouloir soutenir mon postulat.