Sommaruga Carlo · Ständerat · 2021-09-16
Sommaruga Carlo · Ständerat · Genf · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-09-16
Wortprotokoll
Cela a été discuté de manière extrêmement détaillée selon différents arguments de politique de sécurité ou de politique industrielle, mais j'aimerais aussi rappeler une approche qui me tient à coeur. Il s'agit d'une approche pacifiste axée sur la question de savoir quel est le rôle de l'Etat vis-à-vis de l'industrie d'armement.
Sur la question de la politique de sécurité, je rejoins les propos de M. Noser, à savoir que ce n'est pas cette industrie-là qui est déterminante pour l'organisation de notre défense. Je crois que les enjeux sont aujourd'hui ceux de la cyberdéfense, de la défense sol-air et éventuellement, à l'avenir, des drones. Il y a effectivement là des problèmes majeurs qui se présentent et des menaces pour notre pays. Ce ne sont certainement pas les armes de petit calibre qui vont jouer un rôle essentiel. Dès lors, je ne peux pas partager l'argument mis en avant aujourd'hui par la Commission de la politique de sécurité et par M. Salzmann.
En ce qui concerne la politique industrielle, il s'agit d'un aspect intéressant parce qu'effectivement la place de Thoune possède un savoir-faire, cela a été dit, et propose des places de travail, et que cette entreprise est une entreprise formatrice pour notre jeunesse. Nous nous employons à faire en sorte que les entreprises puissent développer des postes de formation pour les jeunes et leur donner une capacité non pas forcément de rester dans l'entreprise, mais de rejoindre le marché du travail ailleurs. Il importe donc de se préoccuper du maintien de cette entreprise en Suisse.
Il est clair que, dans ce cadre, il faudrait agir de manière à ce que l'entreprise Ammotec ne soit pas vendue au secteur privé, puisque le risque est grand de voir le nombre de places de travail diminuer, de même que le nombre de places de formation, dans l'éventualité d'un départ à l'étranger.
En ce qui concerne le troisième argument, qui est celui de l'approche pacifiste, je suis de ceux qui sont convaincus que ce n'est pas le rôle de l'Etat d'être producteur d'armes, que ce soit des armes de petit calibre ou des armes d'autres natures. En fait, l'Etat doit réguler le marché de l'armement. Il doit réguler les exportations. C'est ce que nous avons décidé lors d'un débat antérieur et ce qu'a fait hier le Conseil national, en fixant des règles relativement fermes - je suis d'ailleurs très heureux que cette décision politique ait été prise. Il faudrait donc, selon cette perspective, que cette entreprise quitte la main publique pour se retrouver en main privée, et que l'on ait ensuite un cadre de régulation le plus strict possible. Dès lors, on voit qu'il y a une ambivalence entre la préoccupation de politique industrielle et une approche de politique pacifiste.
Ces deux éléments expliquent pourquoi je m'abstiendrai sur cette motion au moment du vote.