Roduit Benjamin · Nationalrat · 2021-09-16
Roduit Benjamin · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2021-09-16
Wortprotokoll
Tout d'abord, je tiens à lever un malentendu. Le titre donné à mon postulat est évidemment une question rhétorique et son développement le prouve. Cette question vise à dénoncer une fâcheuse tendance à vouloir considérer la consommation de viande comme la source de tous les fléaux de la planète: réchauffement climatique, barbarie vis-à-vis de nos amies les bêtes, maladies cancérigènes, etc. Pour peu, on la rendrait responsable de la pandémie de Covid-19!
Au moment du dépôt de mon postulat, nous étions en Suisse romande particulièrement affectés par une vague antispéciste - vous le savez, ce sont ces extrémistes qui cassent les vitrines des bouchers et pénètrent clandestinement dans les abattoirs. Mais surtout, j'avais été irrité quelques semaines auparavant par une publication de l'Office fédéral de l'environnement, intitulée "Recommandations pour une restauration respectueuse de l'environnement lors d'événements", qui conseillait notamment de consacrer au moins deux tiers du buffet aux produits végétariens et de leur réserver, dans les apéritifs, une place de choix. Cela avait fait l'objet d'une interpellation indignée de la part de notre ancien collègue, le conseiller national Franz Ruppen. Dans sa réponse, le Conseil fédéral offrait une sorte de salade russe où il mêlait la nécessité de modes alimentaires sains et équilibrés avec des impératifs de protection de l'environnement, d'objectifs climatiques, de gestion des déchets alimentaires et même de production locale.
C'est pourquoi, comme membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique, j'ai déposé ce postulat afin de disposer d'études scientifiques et médicales chiffrées et fiables permettant de dire s'il est bon ou au contraire préjudiciable de manger de la viande. De cette manière, on évitera des recommandations arbitraires de la part notamment de nos offices fédéraux.
Je dois avouer que la réponse du Conseil fédéral a en partie répondu à mes attentes. Certes il reprend certaines évidences, comme le fait qu'une consommation excessive de viande rouge peut contribuer à certains problèmes de santé. Mais il en va ainsi pour tout excès. Plus intéressante est l'affirmation selon laquelle les études ne sont pas unanimes quant à l'évidence du lien entre consommation de viande et santé. [PAGE 1662]
En fait, je retiens surtout trois affirmations essentielles. Une consommation modérée de viande peut faire partie d'une alimentation saine. Un régime végétarien est sans danger pour les adultes en bonne santé, mais qu'en est-il des enfants, des femmes enceintes et des personnes âgées? A coup sûr, et c'est le troisième enseignement de cette réponse, un régime végétalien, c'est-à-dire excluant tout produit d'origine animale, est déconseillé pour ces catégories de personnes. Il n'y a donc pas lieu de stigmatiser la consommation et la production de viande, en particulier celle de nos agriculteurs qui se veut locale et durable.
Reste au Conseil fédéral à rappeler cette évidence à ses offices, en particulier à l'Office fédéral de l'agriculture cette fois, qui envisage d'interdire la publicité pour la viande à prix réduit pour des motifs environnementaux qui restent à démontrer. Cela est dit et porté au Bulletin officiel, et peut-être faudra-t-il une nouvelle intervention parlementaire dans ce sens, auprès cette fois du département concerné.
En ce qui concerne mon postulat, limité au thème de la santé, et vu la réponse du Conseil fédéral, je le retire.