preparatory:AB 288113
Hurni Baptiste · Nationalrat · Neuenburg · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-09-21
Wortprotokoll
Dans le développement que je viens de faire au sujet de la motion portant sur la pénalisation de la récolte frauduleuse de signatures, je vous expliquais qu'il était étonnant qu'aucune infraction pénale ne réprime un comportement hautement condamnable - moralement en tout cas - et dangereux pour notre démocratie. La présente motion, déposée à l'origine par Matthias Reynard, est l'autre face de la médaille. Je serai donc bref car il n'y a pas lieu de répéter tout ce que j'ai d'ores et déjà dit. Disons simplement que si les partis politiques, syndicats et associations professionnelles doivent continuer de pouvoir récolter des signatures car ils le font par conviction, les entreprises ou organisations qui font métier de la récolte de signatures posent problème.
En effet, ces mercenaires de la signature n'ont qu'un seul but: faire du profit en vendant un service aux partis à la traîne dans une récolte. Et pour ce faire, ils ont souvent recours à de pauvres gens, qui ne croient pas un mot de ce qu'ils font signer, mais qui le font pour avoir quelques maigres revenus. Ces gens sont payés à la signature. Ce modèle économique est notamment celui d'une association tristement connue à Lausanne dont les pratiques sentent le souffre.
Or, ce genre de modèle économique contient en lui-même les germes de graves dérives. Si les récolteurs ne sont pas convaincus mais payés à la pièce, la tentation est grande, trop grande, de raconter aux gens ce qu'ils veulent entendre plutôt que ce qui leur est vraiment proposé. Ces modèles doivent donc être bannis de la démocratie, comme l'a fait de longue date le canton de Genève et comme vient de l'accepter le canton de Neuchâtel.
Ce texte, additionné à celui que je vous ai déjà présenté, permettra de mettre fin à des pratiques graves qui mettent en danger notre modèle helvétique que nous aimons toutes et tous.