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Bendahan Samuel · Nationalrat · 2021-09-23

Bendahan Samuel · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-09-23

Wortprotokoll

Lorsque nous parlons de transports publics, et surtout du report modal des voyageurs vers les transports publics, nous parlons souvent des agglomérations, mais moins fréquemment des régions périphériques. Pourtant, dans les régions périphériques, lorsque les gens nous entendent parler de promotion des transports publics et nous battre pour qu'ils puissent plus facilement prendre le train et le bus, on nous rit souvent au nez en disant: "Viens habiter là où j'habite, et puis tu verras; ce n'est pas possible de prendre les transports publics, qui sont quatre fois plus lents que la voiture pour les petits trajets." Et encore plus pour les longs trajets. Il ne faut pas fermer les yeux sur ce sujet.

Dans de nombreuses régions périphériques ou semi-périphériques, l'utilisation des transports publics est très compliquée, souvent uniquement à cause du dernier kilomètre. Il s'agit de quelques trajets compliqués pour lesquels la desserte en transports publics et la fréquence des transports publics sont faibles pour rejoindre des noeuds de transports publics qui eux sont plus efficients.

Je propose avec ce postulat d'étudier un élément lié à ce sujet, qui permettrait aux gens dans les régions périphériques d'avoir une vraie alternative permettant d'utiliser les transports publics. Pour cela, il faut se dire que même dans les régions périphériques, il y a un bassin de population suffisant pour permettre d'engager une ou deux personnes avec un ou deux véhicules, ou avoir un système similaire, un peu sous forme de taxis, pour faire des courts trajets, par exemple avec des véhicules particulièrement écologiques. Cela permettrait aux gens concernés de compenser les difficultés pour rejoindre les noeuds de transports publics. Si vous habitez dans une région périphérique, vous pourriez utiliser des technologies garantissant qu'en très peu de temps il est possible de rejoindre un noeud de transports publics sans disposer de votre propre véhicule et, donc, sans devoir le parquer.

Cela permet aussi de résoudre des problèmes logistiques, parce que dans ces régions périphériques, les transports publics ne sont pas forcément adaptés pour faire des courses ou pour transporter des choses, particulièrement pour les personnes à mobilité réduite ou les personnes âgées.

Un système tel que celui-ci permettrait à des gens d'avoir accès à un réseau de véhicules pour atteindre des lieux desservis par les transports publics, et par conséquent de régler cette question. Les itinéraires couverts de manière efficiente [PAGE 1857] par les transports publics seraient parcourus en transports publics et ceux que l'on n'arrive aujourd'hui pas encore à desservir via les transports publics seraient parcourus au moyen de véhicules électriques, par exemple, ou, à l'avenir, de véhicules autonomes. Un tel réseau permettrait de compenser les difficultés, au lieu de dire simplement aux gens: "Ma foi, vous avez une voiture et vous n'avez pas un comportement moral." Il ne faut pas oublier que la première barrière à l'utilisation des transports publics, ce n'est pas forcément l'argent - cela peut être l'argent, mais pas forcément -, mais c'est la "convenience", soit la question de savoir si cela est pratique ou pas. Lorsqu'il devient tellement compliqué d'utiliser les transports publics, beaucoup de gens y renoncent en se disant qu'ils n'ont pas le choix. Il faut donc leur donner le choix.

Ce postulat vise à créer un choix en commençant par des expériences pilotes menées dans des régions périphériques pour tester un service qui permettrait aux gens d'atteindre les lieux desservis par les transports publics plutôt que d'utiliser leur véhicule privé. Cela se ferait d'abord gratuitement lors de la phase test, pour démontrer que lorsqu'il est possible d'accéder à des lieux desservis par les transports publics depuis d'autres lieux eux aussi desservis, il devient facile, pratique, agréable et bon marché de se déplacer ainsi. Si l'on peut rendre le comportement écologique plus facile, c'est un double gain; d'abord parce que c'est bon pour la planète, mais aussi parce que c'est plus agréable pour les gens de pouvoir se déplacer comme cela. Et cela permet de mettre un terme au discours qui consiste à dire que tout le monde, où qu'il vive, a la même facilité d'avoir accès aux transports publics.

Nous devons donc avoir une politique cohérente. Evidemment, les agglomérations sont un élément extrêmement important pour développer l'offre en transports publics, mais il faut également penser aux régions périphériques et faire les investissements qui sont adaptés et spécifiques à ces régions afin de permettre aux gens de ne pas avoir de véhicule privé lorsque cela n'est pas nécessaire, tout en ayant quand même quelque chose de pratique et de rapide pour se déplacer. Il s'agit d'un pas nécessaire pour faire en sorte que des gens qui aujourd'hui ne peuvent pas prendre les transports publics puissent le faire demain.

C'est donc un bien pour la population et pour la planète et je propose d'investir une part du fonds Forta dans cette direction. Je vous remercie pour votre soutien.