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Nantermod Philippe · Nationalrat · 2021-09-29

Nantermod Philippe · Nationalrat · Wallis · FDP-Liberale Fraktion · 2021-09-29

Wortprotokoll

En effet, pour une fois, je ne m'exprime pas comme rapporteur de commission sur la question des soins infirmiers, mais comme rapporteur de groupe. Parce que, ce débat, nous l'avons déjà eu à plusieurs reprises, et il y a une initiative populaire sur laquelle nous allons nous exprimer en tant que citoyens au mois de novembre prochain et qui porte sur la question des soins infirmiers. Le Parlement a proposé un contre-projet, et c'est pour cela que les trois interpellations urgentes discutées aujourd'hui ont déjà fait l'objet de longs débats nourris ici, et les solutions ont déjà été apportées.

Les solutions sont les suivantes. La Confédération apporte 500 millions de francs de plus pour la formation en soins infirmiers. Les cantons apporteront eux aussi 500 millions de francs. La Confédération permettra aux infirmiers et aux infirmières de notre pays de prescrire directement à charge de l'assurance obligatoire des soins, ce qui impliquera une augmentation des coûts pour l'assurance-maladie, mais aussi une revalorisation du métier d'infirmier.

Nous avons débattu des autres questions, de la possibilité d'introduire des conventions collectives dans la loi fédérale, de déterminer les conditions de travail des infirmiers au niveau fédéral. Mais ce n'est pas dans notre système; la qualité du partenariat social en Suisse ne fonctionne pas ainsi. [PAGE 1976] La Confédération n'exploite pas d'hôpitaux, la Confédération n'emploie pas d'infirmiers. Ce sont les cantons qui planifient le système hospitalier, ce sont les cantons et les communes qui possèdent des hôpitaux en plus des privés. Ce sont eux, dans les contrats, dans les conventions collectives, qui déterminent les salaires, qui déterminent les conditions de travail. Ce sont eux qui organisent le système de santé. Il n'est pas de notre devoir aujourd'hui, même au regard d'une crise, de bouleverser un système qui justement a fait ses preuves dans cette crise. On l'a vu récemment avec la mise en place d'une vaccination efficace par les cantons: les cantons ont montré qu'ils étaient capables de gérer le système de santé.

Par ailleurs, l'interpellation du groupe socialiste requiert à nouveau un débat - que nous avons pourtant déjà eu en commission, dans la presse et, ici, au conseil - sur la question de la gratuité des tests. Vous avez peut-être lu aujourd'hui dans les journaux du groupe Tamedia que 63 pour cent de la population helvétique est favorable à la levée de la gratuité des tests. Contrairement à l'impression que peuvent nous donner les manifestations devant le Palais fédéral, la majorité des Suisses soutient le Conseil fédéral dans sa politique et estime aussi c'est un mauvais incitant que de maintenir la gratuité des tests. Rappelons que l'Etat, lorsqu'il paie quelque chose, doit remplir un intérêt public. Il y a un intérêt public à financer les vaccins, mais il n'y a plus d'intérêt public aujourd'hui à financer des tests de convenance. Il n'y a pas d'intérêt public à ce que les gens choisissent de se faire tester plutôt que de se faire vacciner. Et quand il n'y a pas d'intérêt public, c'est au citoyen de payer.

D'ailleurs, le prix est élevé. Si on calcule 50 millions de francs par semaine pour les vaccins, c'est quand même la bagatelle de 50[NB]000 francs la minute; chaque seconde où je vous parle, c'est 80 francs que dépense la Confédération pour payer des tests pour les gens qui renoncent au vaccin.

Cette situation n'est pas acceptable. Je crois que, en tant qu'Etat qui a choisi la voie de la vaccination, la voie de la raison, la voie de la science, pour essayer de nous tirer de cette pandémie, il n'est pas justifié de dépenser l'argent du contribuable pour des fantaisies pareilles.

Pour cette raison, le groupe libéral-radical s'engagera contre l'initiative populaire "pour des soins infirmiers forts" et en faveur du contre-projet; il s'engagera tout ce qu'il peut pour soutenir le Conseil fédéral dans sa stratégie intelligente de lever la gratuité des tests, comme le soutient une grande majorité de la population.