Dreifuss Ruth · Bundesrat · 2002-12-12
Dreifuss Ruth · Bundesrat · Genf · 2002-12-12
Wortprotokoll
Je ne crois pas qu'on puisse le dire comme ça. Tout dépend effectivement du rapport de force, si vous me permettez cette expression, dans le canton. Je peux vous citer le cas du canton de Zoug par exemple, où on a fermé un hôpital public ou subventionné et où on a introduit dans la liste hospitalière une clinique privée en lieu et place, mais où il n'y a pas eu d'extension de l'offre de soins. Mais vous avez raison de souligner l'importance des rapports des forces politiques dans les cantons.
Puisque vous relancez ma logorrhée, j'aimerais ajouter que le statut même de l'hôpital a de moins en moins de signification et d'implication. Nous avons assisté dans des cantons à des privatisations qui n'avaient pas d'autre but que d'économiser les fonds publics et de permettre au canton de se retirer de ses responsabilités, du financement de l'offre sanitaire. Il est facile de dire que l'on passe d'un statut public à un statut privé. Je pense qu'il n'est pas judicieux de faire reposer une loi sur des définitions de ce genre, qui sont extrêmement faciles à modifier. Là aussi, il y a un rapport de force, Monsieur Cavalli; il suffit qu'une majorité politique dise: "Faisons de nos hôpitaux publics une société anonyme, débarrassons-nous-en et nous aurons moins d'obligations!" Vous voyez que je peux vous retourner le même argument, le rapport de force est là, c'est un élément constant dans le domaine de la santé.