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Amaudruz Céline · Nationalrat · 2021-12-02

Amaudruz Céline · Nationalrat · Genf · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2021-12-02

Wortprotokoll

Vous venez de l'entendre, notre collègue Thomas Aeschi a retiré sa proposition de minorité qui visait à ne pas entrer en matière. Evidemment, nous avons pris acte du résultat de dimanche au sujet du référendum sur la révision de la loi Covid-19, c'est la raison pour laquelle nous avons décidé d'entrer en matière sur la nouvelle révision de la loi aujourd'hui.

La politique menée par le Conseil fédéral est clairement soutenue par la population, il faut le reconnaître, même si 38 pour cent des votants n'ont pas voulu soutenir cette politique. Cela ne nous exonère pas, nous, en tant que législateur, d'orienter le Conseil fédéral dans la bonne direction. Nous disposons maintenant d'un certain recul, même s'il demeure énormément d'inconnues, et nous espérons pouvoir pérenniser ce qui fonctionne et corriger ce qui ne donne pas satisfaction, voire ce qui entraîne des conséquences pires que le mal. Je pense aux effets délétères de certaines mesures sur l'économie en général et sur certains secteurs en particulier - on peut nommer la restauration, les spectacles et la culture, entre autres.

Les choix souvent douloureux qui seront faits doivent bien être guidés exclusivement par les impératifs sanitaires et non en fonction du parachute qui pourrait limiter les dégâts. La question des critères sur lesquels on se base pour prendre ou supprimer diverses mesures joue un rôle important, il nous appartient donc de les définir avec soin. Il nous semble délicat de laisser le choix des normes à la même autorité qui les prendra pour base afin de modifier les dispositions en vigueur.

Pour nous, le seul critère mesurable précisément est la situation dans nos hôpitaux. Il a toujours été affirmé que les diverses mesures avaient été prises en vue d'éviter une nouvelle surcharge de nos capacités d'accueil pour les malades. C'est donc à cette aune que nous devons évaluer la situation et prendre les dispositions qui pourraient s'imposer. Les nécessités de santé sont bien évidemment prioritaires, mais il faut s'assurer que le bien ici ne soit pas mortel ailleurs. Cela passe par la prise de mesures en amont visant à ne pas devoir fragiliser un secteur économique déjà bien mis à mal. A ce sujet, nous pensons notamment à l'augmentation des capacités d'accueil hospitalier, tout particulièrement en soins intensifs.

Après avoir suivi toutes les pistes permettant de renoncer aux durcissements - ou au moins de les retarder -, il convient de se pencher sur les conséquences qu'ils entraînent. Nous soutiendrons la prolongation des aides proposées aux nombreux secteurs affectés, mais c'est pour nous un outil visant à limiter des conséquences et non un motif de maintien de dispositions qui pourraient être supprimées. La prolongation doit être faite jusqu'à juin 2022 et non jusqu'à décembre 2022. Elle doit se faire de manière raisonnable et pourra toujours être revue le cas échéant. C'est pourquoi nous la soutiendrons jusqu'en juin 2022. Il faut rappeler que le soutien à l'économie a un coût qui devra être assumé à long terme, tout creusement de la dette retombant un jour ou l'autre sur le portemonnaie du contribuable.

J'ajoute quelques mots au sujet du certificat Covid. Nous avons pris acte du principe largement soutenu par la population, mais nous refusons l'idée que le scrutin de dimanche dernier puisse être perçu comme un feu vert à l'élargissement de son usage. Ce document doit rester un instrument de contrôle de la pandémie et ne doit pas constituer une [PAGE 2289] attaque permanente contre une partie de la population, comme celle des non vaccinés. En prescrivant sa nécessité dans des domaines de plus en plus nombreux, on restreint la liberté des non vaccinés et cela crée la division. Nous rejetons énergiquement le principe des 2G - "geimpft oder genesen", c'est-à-dire vacciné ou guéri -, car cela touche une part non négligeable de la population, qui est déjà proprement privée de toute vie sociale.

Si nous devions nous ranger au principe 2G, nous réclamerions un troisième G, à savoir "geimpft, genesen oder gesund", pour tenir compte des personnes au bénéfice d'un test négatif.

Nous avons également des exigences au niveau de la protection des données. L'actualité récente a mis plusieurs fois en évidence le fait que nous ne sommes pas très performants en matière de cyberdéfense, notamment dans le secteur public. La récolte d'informations est bien évidemment nécessaire, mais ces données ne doivent servir qu'au but de maintenir notre capacité hospitalière. Elles ne doivent être conservées que le temps nécessaire et anonymisées au plus vite afin d'éviter qu'elles se retrouvent sur le Net et soient utilisées à des fins de chantage.

Permettez-moi de conclure l'exposé de la position du groupe UDC. Nous voulons que les tests Covid soient de nouveau gratuits pour toutes et tous. Nous voulons qu'il y ait des tests réguliers. Nous souhaitons des contrôles systématiques aux frontières, que la loi Covid-19 ne soit pas prorogée jusqu'à la fin de 2022 mais au maximum jusqu'à fin juin 2022, que le nombre total de lits dans les services de soins intensifs soit porté à 1200 unités, que les possibilités pour les travailleurs de se restaurer et de se réchauffer lors des pauses soient maintenues cet hiver, que le Conseil fédéral renonce à une potentielle introduction de ladite mesure 2G et finalement que le Conseil fédéral présente enfin une stratégie efficace pour protéger les personnes à risque tout en prenant des mesures proportionnées fondées sur les risques.

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