Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · 2021-12-07
Maillard Pierre-Yves · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2021-12-07
Wortprotokoll
Dans le deuxième pilier, les gens vivent une situation extrêmement difficile: les rentes qui seront obtenues en 2025, à capital égal, seront 20 pour cent plus basses que celles qu'on obtenait en 2010, ceci alors qu'évidemment déjà, contrairement à ce que certains racontent, il est très difficile de vivre avec les rentes cumulées du deuxième pilier et de l'AVS. De nombreux salariés pensent même à s'expatrier pour leur retraite - c'est la réalité que vivent beaucoup de personnes dans notre pays.
Face à cette réalité, il aurait fallu faire plein de choses: remettre en cause les tarifs excessifs de gestion du deuxième pilier; remettre en cause la manière de calculer le taux technique; remettre en cause la distribution des dividendes que les gestionnaires de deuxième pilier peuvent distribuer. Toutes ces choses, nous avons accepté de renoncer à les régler dans un compromis que le Conseil fédéral nous avait demandé de trouver avec les partenaires sociaux - quand je dis nous, c'est l'Union syndicale suisse.
La principale organisation patronale a accepté un compromis qui permettait au moins d'apporter une légère amélioration des rentes à une partie des retraités, notamment à celles et ceux qui gagnent peu d'argent. Une majorité politique, notamment sous l'influence du lobby des assureurs, a cassé ce compromis. Nous avions pourtant montré ici une disponibilité à un compromis, mais ceci a été détruit pour des raisons politiques.
Le bilan qui est fait avec ce projet est assez simple - il y aura beaucoup de débats techniques, mais nous pouvons résumer les choses de manière assez simple: il s'agit de prendre 3 milliards de francs chaque année aux salariés et aux employeurs de ce pays sans améliorer les rentes. Le principal objectif de la majorité de la commission, c'était surtout de ne pas améliorer une seule rente tout en prenant 3 milliards de plus aux salariés et aux employeurs de ce pays.
Non seulement on n'améliore pas les rentes, mais probablement qu'une bonne partie des salariés verront leur rente baisser. Mais c'est quelque chose qu'il est très difficile de prévoir, parce que le critère choisi pour les compensations est complètement arbitraire. Certains salaires nets, sans aucune augmentation de rente, se verront baisser de 4,5 à 7 pour cent puisque l'on élargit la masse du salaire assuré.
Dans cette affaire, on ajoute à des mesures sur l'AVS, qui enlèveront aux femmes 600 à 800 millions de prestations AVS chaque année, un prélèvement de 3 milliards de francs sur le monde du travail, sans améliorer aucunement les prestations. C'est une façon de mépriser les partenaires sociaux. Le mépris pour l'Union patronale suisse est total - je suis choqué de voir la manière dont cette organisation est traitée par les partis de droite -, tout comme le mépris pour les syndicats. Le mépris affiché dans ce projet pour la réalité que vivent les retraités est complet.
Mesdames et Messieurs des partis bourgeois, vous allez trop loin! Beaucoup de gens le pensent, même un conseiller aux Etats du Parti libéral-radical qui s'exprimait ainsi ce matin sur les ondes de la radio alémanique. Vos prédécesseurs ont créé et développé la prévoyance professionnelle et la prévoyance vieillesse. Ils avaient en tête le souhait de développer les prestations pour assurer une vie décente à la retraite pour celles et ceux qui ont travaillé toute leur vie. C'était l'état d'esprit des partis bourgeois jusque dans les années 1970 et 1980. Ensuite, ils ont commencé à dire non, qu'on ne pouvait [PAGE 2407] pas aller plus loin dans les prestations. Vous êtes la première génération des partis de droite qui veut maintenant entamer la régression. Vous voulez faire reculer les prestations tant dans l'AVS que dans le deuxième pilier. Je pense que vous n'êtes pas à la hauteur de l'histoire et que vous n'êtes pas à la hauteur de ce que vos prédécesseurs ont fait pour le bien de ce pays.