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Cottier Damien · Nationalrat · 2022-02-28

Cottier Damien · Nationalrat · Neuenburg · FDP-Liberale Fraktion · 2022-02-28

Wortprotokoll

Nous vivons des heures sombres pour la liberté, pour la paix, et pour la sécurité en Europe. Une guerre d'agression est interdite par le droit international, notamment par la Charte des Nations Unies, par l'Acte final d'Helsinki, par le Statut du Conseil de l'Europe, textes signés tant par la Suisse que par la Russie.

Pourtant, nous assistons depuis jeudi à une violation très grave de ce droit. Cette violation met en danger la sécurité de tout notre continent. A ceux qui en douteraient encore, je rappelle que, outre l'Ukraine, deux autres pays, la Suède et la Finlande, ont été menacés par le Kremlin, de, je cite, "graves répercussions militaires et politiques"!

Les bases sur lesquelles se fonde l'ordre juridique de l'après-guerre sont donc menacées jusque dans leur fondement. C'est pourquoi nous devons réagir avec fermeté.

Soyons clairs: le droit de la neutralité ne s'applique pas face à une telle violation flagrante du droit international. Si la Russie n'était d'ailleurs pas membre permanente du Conseil de sécurité, des sanctions, que la Suisse devrait reprendre, seraient décidées par le Conseil de sécurité. Sans aucun doute, l'Assemblée générale des Nations Unies votera dans quelques heures une résolution condamnant fermement l'agression russe en Ukraine.

Il faut donc rappeler l'agresseur à ses obligations, et quand je dis l'agresseur, il ne s'agit pas du peuple russe, il s'agit du régime au pouvoir en Russie, qui conduit son pays et l'Europe vers une situation dangereuse et catastrophique. Notre conseil et notre Parlement doivent donc s'exprimer en termes clairs en faveur de la paix, de la souveraineté de tous les Etats, d'un cessez-le-feu immédiat, du respect du droit humanitaire international - et donc des Conventions de Genève, qui protègent les civils -, d'une aide humanitaire immédiate, d'un monde qui est régi par le droit et non pas par la loi du plus fort! Il faut donc des sanctions et nous nous félicitons du fait que le Conseil fédéral en ait pris tout à l'heure. Je le répète, la législation suisse, la loi fédérale sur l'application de sanctions internationales, prévoit exactement ce cas de figure. Cela est parfaitement compatible avec notre neutralité.

Nous vivons un moment décisif pour la sécurité, la liberté et la paix du continent. Prenons la mesure de ce moment; ayons le courage de prendre des décisions fortes et claires, des décisions que nous n'avons pas voulues, mais que l'attitude du Kremlin nous contraint hélas à prendre.

Nous vous invitons à soutenir cette déclaration.