Vara Céline · Ständerat · 2022-03-01
Vara Céline · Ständerat · Neuenburg · Grüne Fraktion · 2022-03-01
Wortprotokoll
La guerre qui se déroule en ce moment en Ukraine nous confronte à un premier constat terrible: la menace nucléaire reste une menace réelle. La menace nucléaire active d'un dirigeant puissant, animé par des motivations personnelles, et dont on doit redouter un comportement où la raison est absente. La menace nucléaire vécue en 1986 suite à l'accident à la centrale de Tchernobyl, dont la matière radioactive est enfermée dans un sarcophage précaire actuellement aux mains des Russes et sur laquelle nous n'avons plus aucun contrôle; de la menace nucléaire des quinze réacteurs encore en fonction sur le sol ukrainien. Répartis sur quatre sites, ils subviennent à près de 50 pour cent des besoins énergétiques de l'Ukraine. Ces réacteurs constituent une menace terrifiante. S'ils étaient touchés par des tirs, ils pourraient devenir des bombes radioactives. Des frappes aériennes ou des tirs d'artillerie lourde pourraient par exemple ouvrir une brèche dans les enceintes de confinement ou rompre les circuits de refroidissement qui assurent la stabilité du coeur du réacteur. Une cyberattaque pourrait bloquer le fonctionnement d'une centrale ou provoquer la défaillance des systèmes d'alimentation électrique de secours.
Un deuxième constat sans appel est que la violation du droit international peut conduire à des situations terribles telles que celle que nous vivons actuellement, et dont nous ne devons jamais nous accommoder, sous aucun prétexte. Le respect du droit international et des valeurs qui y sont consacrées doit être absolu. C'est ici la base du vivre ensemble. S'il en fallait la preuve, aujourd'hui, face à un conflit qui menace la paix mondiale et la vie de millions de personnes, nous voilà rappelés à l'ordre.
Mes préopinants ont évoqué à juste titre le rôle actif que la Suisse doit jouer dans ce conflit armé. Nous ne sommes pas la grande puissance qui fera face, armée, à la Russie et à ses alliés, mais nous sommes la Suisse, ce pays à la capacité reconnue de résolution des conflits et de promotion de la paix.
Le Conseil fédéral a annoncé, dès les premiers jours, mettre à disposition activement ses bons offices pour tenter une désescalade et viser la fin du conflit armé. Je salue cette annonce. J'espère qu'elle est suivie - ou le sera très rapidement - d'actes concrets visant cet objectif, car il n'y a pas de fin à une guerre sans discussion ni négociation. La paix trouve son terreau dans les structures démocratiques. Nous devons oeuvrer avec acharnement à renforcer celles-ci, grâce à nos [PAGE 14] connaissances et à nos compétences diplomatiques. Ce sont là nos véritables bons offices pour ce monde.
Mais notre détermination et notre force de persuasion passent aussi par l'économie. La Suisse, comme le reste de l'Europe, doit couper les vivres à ceux qui profitent de la guerre. Nous ne devons plus investir dans l'armement. Contribuons au désarmement mondial plutôt qu'au réarmement! Cessons d'exporter du matériel de guerre dont nous ne pourrons jamais contrôler la destination! Il me paraît également fondamental d'accélérer la sortie des énergies fossiles et de mieux contrôler, à l'avenir, le commerce des matières premières. Cette dépendance rend la Suisse vulnérable. Notre pays est certes petit, mais c'est un géant dans le commerce des matières premières et en tant que place financière. Nous avons ici une responsabilité géopolitique et nous devons l'assumer.
Chaque jour qui passe, ce sont des morts inutiles dans une guerre inutile pour des objectifs déshonorants. En adoptant cette déclaration, le Parlement fédéral marque son soutien au droit international et à ses valeurs fondamentales. En adoptant cette déclaration, nous montrons aux femmes, aux enfants et aux hommes vivant en Ukraine que nous ne fermons pas les yeux et que nous sommes à leurs côtés.