Français Olivier · Ständerat · 2022-03-02
Français Olivier · Ständerat · Waadt · FDP-Liberale Fraktion · 2022-03-02
Wortprotokoll
Notre commission s'est réunie le 24 janvier de cette année pour examiner le projet relatif au crédit d'engagement pour la sécurisation de la puissance de calcul et la transformation afférente des technologies de l'information et de la communication de Météo Suisse, que le Conseil fédéral a adopté le 8 septembre 2021. Je précise que la sous-commission compétente de la Commission des finances, que je préside, a également fait une visite chez Météo Suisse et qu'elle a pu s'entretenir de manière approfondie sur ce projet, à Zurich, avec nos collègues Thorens Goumaz et Rieder.
Le Conseil fédéral propose un crédit d'engagement de 34,3 millions de francs ainsi que la libération d'une première tranche de crédit de 16,5 millions de francs. Il est à relever que le Conseil national a adopté le projet à l'unanimité, le 16 décembre 2021.
Météo Suisse fournit de nombreux services essentiels à la sécurité. Il envoie des alertes au public et aux organismes de sécurité publique, calcule la propagation des produits radioactifs, analyse la qualité de l'air et fournit des services météorologiques à l'aviation civile par exemple. Tous ces services doivent être offerts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, sans faille. Toute défaillance majeure du centre de calcul de Météo Suisse, causée par les éléments naturels ou humains, affecte ou peut affecter gravement la chaîne de données et d'informations météorologiques et hydrologiques tant au niveau national qu'international, puisqu'il y a une coopération internationale dans la gestion de la banque de données. Une défaillance peut nuire gravement à la capacité d'alerte de notre pays, exposant notre population à des risques majeurs. La prévention doit être prioritaire.
Le risque d'une défaillance technique qui mettrait à mal les services critiques fournit par Météo Suisse est aujourd'hui important: en l'état actuel des choses, Météo Suisse ne possède en effet qu'un seul centre de calcul qui est situé à l'aéroport de Zurich. Les opérations de l'office se verraient fortement impactées et entravées dans le cas d'une défaillance, technique ou matérielle, de cet unique centre. En 2014 déjà, une recommandation avait été faite à Météo Suisse par le Contrôle fédéral des finances en vue de répartir son centre de calcul sur plusieurs sites afin de diminuer le risque d'une défaillance centralisée. Aujourd'hui, le Conseil fédéral souhaite agir sur la base de cette recommandation et diminuer ce risque qui guette Météo Suisse en sécurisant cette puissance de calcul par géoredondance.
Les mesures à prendre s'articulent autour de cinq axes: sécuriser la puissance de calcul par géoredondance; transformer le modèle d'exploitation et mettre en oeuvre la stratégie d'information en nuage; développer les compétences du personnel utilisant les TIC; utiliser le réseau du centre de calcul de la Confédération et remplacer le contrat concernant le centre de calcul de l'aéroport de Zurich qui arrive à échéance; garantir une exploitation sûre et sans interruption 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.
Cette mutation est prévue en trois étapes. Elle se déroulera entre 2022 et 2028 pour les deux premières étapes et s'achèvera en 2033 par des ressources internes à Météo Suisse.
A cet effet, le Conseil fédéral demande de pouvoir lancer le projet visant à augmenter sensiblement la capacité de traitement des données de cet office, qui sont de plus en plus conséquentes.
Les dépenses totales pour ce projet, qui s'étendra jusqu'en 2028, s'élèvent à 41,8 millions de francs. Météo Suisse fournira 7,5 millions de francs de prestations propres, le reste étant financé par les ressources informatiques centrales, à hauteur de 34,3 millions de francs. Par ce projet, le Conseil fédéral demande donc au Parlement de libérer le crédit d'engagement nécessaire et de libérer la première tranche de crédit de 16,5 millions de francs.
Les fonds indiqués ne seront pas utilisés pour construire un deuxième centre de calcul physique. Le rapport coûts-bénéfices indique qu'une telle mesure ne serait de loin pas idéale, surtout compte tenu du nombre de données à analyser, qui a tendance à augmenter de façon exponentielle. Le stockage et le traitement de ces données à l'aide d'installations informatiques physiques de Météo Suisse entraîneraient une augmentation significative des dépenses opérationnelles dans un avenir proche et une consommation énergétique gigantesque.
Au contraire, la proposition du Conseil fédéral vise à garantir la capacité opérationnelle de Météo Suisse, en s'appuyant sur une infrastructure évolutive capable de traiter le volume croissant des données. La solution débattue aujourd'hui propose d'utiliser les nouvelles technologies. Dans le cadre du projet, les technologies de l'information et de la communication, les TIC, de Météo Suisse seront donc transformées en un environnement informatique fondé sur le "cloud". [PAGE 56]
L'objectif visé par Météo Suisse est de gérer ses plus de 300 applications spécialisées, dont 240 sont vitales, sans dépendre de sa propre infrastructure de serveurs d'ici 2028. Les applications spécialisées seront exploitées, à moyen terme, par l'infrastructure du réseau de centres de calcul de la Confédération, d'une part, et par des fournisseurs de services en nuage situés à plusieurs endroits, d'autre part.
Toutes les applications spécialisées de Météo Suisse doivent être modernisées pour être compatibles avec les services en nuage afin d'atteindre cet objectif ambitieux. Ce changement informatique représente la plus grande partie des fonds budgétés.
Cette méthode de diversification des risques de Météo Suisse fait également partie de la stratégie globale d'informatique en nuage de l'administration ainsi que de la stratégie informatique de la Confédération. En outre, le projet est en phase avec les avancées internationales les plus récentes en matière de météorologie et de climatologie. Il facilitera le partage des données météorologiques et climatologiques avec les services nationaux, mais surtout internationaux, ce qui est essentiel pour un degré de fiabilité élevé des prévisions de Météo Suisse.
Lors de la rencontre du 24 janvier, la commission a pu s'informer des détails du projet. La question de la localisation du stockage des données a été abordée de façon transparente. Le transfert de Zurich à Frauenfeld nous a convaincu. Les données traitées par le centre de calcul sont importantes et sensibles pour l'exploitation et la gestion de catastrophes et pour la sécurité du trafic aérien. Toutefois, ces données sont destinées à être mises à la disposition d'un public large, notamment des services météorologiques partenaires et des utilisateurs appartenant au domaine de l'industrie. Il est important de veiller à la disponibilité de ces données sans qu'elles puissent être modifiées ou manipulées par des tiers non autorisés. Toutefois, il ne s'agit pas de données personnelles hautement sensibles. Il est donc possible, dans la mise en oeuvre du projet, de recourir à des fournisseurs et des "clouds" étrangers.
Une concertation étroite avec la chancellerie et l'OFIT est prévue pour garder la ligne relative à la gestion des données. Néanmoins, Météo Suisse sera à la barre pour mener à bien ce projet, en raison de son domaine très spécifique et technique. Je ne vous cache pas que lors de notre visite avec la sous-commission 3 de la Commission des finances, nous avons été particulièrement impressionnés par la qualité du personnel, je parle de la qualité technique essentiellement, qui nous donne l'assurance que ce projet, certes complexe pour le néophyte, devrait être mené à bien, dans les délais et en respectant les budgets - sous réserve que la loi sur les marchés publics soit bien appliquée, conformément à la recommandation donnée par le Contrôle fédéral des finances. Voilà, il s'agissait d'une petite anecdote.
La durée du projet a également été discutée. En raison de sa complexité et du nombre d'applications à transformer pour être compatible avec la technologie "cloud", l'étalement du travail sur plusieurs années est nécessaire pour réduire les erreurs. Il est vrai qu'il y a lieu de procéder à des contrôles de fiabilité avant la mise en application sur le service.
Durant cette période, on estime qu'il est improbable que la technologie devienne désuète puisque celle-ci est encore récente. De plus, lors du développement, il sera possible d'adapter légèrement la mise en oeuvre pour prendre en compte des changements technologiques mineurs.
La commission a décidé, sans opposition, de vous proposer d'entrer en matière et de soutenir en tout point le projet du Conseil fédéral et la décision du Conseil national, sans présenter d'amendement.