Page Pierre-André · Nationalrat · 2022-03-02
Page Pierre-André · Nationalrat · Freiburg · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-03-02
Wortprotokoll
En l'année 2050, cette échéance est donc vraiment très proche puisque c'est dans à peine trois décennies, la Suisse n'émettra plus aucun gaz à effet de serre ne pouvant pas être neutralisé par des puits de carbone naturels ou techniques. En l'année 2050, plus aucun carburant ou combustible fossile - huile minérale, gaz, essence ou diesel - ne devra être mis en circulation dans notre pays. Qui le dira? Notre Constitution fédérale, ni plus, ni moins, car ces principes seront ancrés dans notre Constitution, notre texte fondamental. Ne pourrait-on pas alors compléter notre Constitution en fixant, pour tous nos glaciers sublimes, une grandeur minimale en dessous de laquelle il leur serait interdit de fondre? Demandez donc aux glaciers d'Aletsch, de Moiry, du Trient ou du Mont-Collon ce qu'ils pensent d'une pareille farce!
Les exigences de l'initiative pour les glaciers, comme celles du contre-projet direct, ne sont tout simplement pas sérieuses: elles sont utopiques, exagérées. Je vous rappelle que la Suisse importe chaque mois pour 1 milliard de francs d'énergie fossile.
Disons tout d'abord ce avec quoi nous sommes tous d'accord. Nous nous rappelons que notre Parlement avait approuvé, en 2017, l'Accord de Paris sur le climat. Et nous savons que cette date de 2050 correspond aux objectifs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Mais nous constatons également aujourd'hui, et le vote populaire du 13 juin de l'an dernier nous le confirme, que notre population a compris que les taxes ne vont pas diminuer les émissions de CO2. Et nous voyons autour de nous nos entreprises, nos exploitations paysannes comme nos concitoyens travailler à protéger toute notre nature, à lutter contre le réchauffement climatique.
Cela étant rappelé, que visent donc l'initiative et le contre-projet direct? L'objectif de ces deux textes est l'irréalisable. Une inscription dans la Constitution ne garantit pas le succès.
Vous ne pouvez pas décider tout simplement d'interdire les énergies fossiles sans réfléchir à leur remplacement, à notre autoapprovisionnement. Obliger nos concitoyens à utiliser uniquement des véhicules électriques nous précipiterait vers un manque d'énergie - ce que nous avons déjà annoncé en 2017, il y a cinq ans. On ne le répétera jamais assez: la Stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral - ou de Mme Doris Leuthard - est une lourde erreur que, aujourd'hui toujours, Mme la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga prolonge malgré l'opinion populaire exprimée dans les urnes.
Prévoir de diminuer les émissions, prévoir d'interdire les combustibles et autres carburants fossiles sans savoir comment, par quoi et dans quels délais nous pourrions les remplacer: voilà qui, à coup sûr, mettrait en péril notre économie et perturberait le quotidien de nos concitoyens.
Et on ne corrige pas cette irresponsabilité en écrivant trois lignes dans notre Constitution. D'ailleurs, la Commission de l'environnement, de l'aménagement du territoire et de l'énergie de notre conseil, l'a bien compris en recommandant de rejeter cette initiative, par 14 voix contre 9 et 2 abstentions. Certes, cette commission recommande d'accepter le contre-projet direct, par 14 voix contre 11, ce que le groupe UDC combat.
Par contre, la commission a décidé de poursuivre ses travaux en vue d'un contre-projet indirect, par 22 voix sans opposition, un contre-projet indirect qui serait inscrit dans une loi-cadre.
En conclusion, je vous demande, au nom du groupe UDC, de recommander le rejet de l'initiative pour les glaciers et du contre-projet direct qui nous est proposé.
Nous réservons bien sûr notre position sur le contre-projet indirect que l'on ne connaît pas encore et qui sera traité en commission.
Je vous demande de recommander le rejet de l'initiative et du contre-projet direct.