Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2022-03-03
Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-03-03
Wortprotokoll
L'initiative pour les glaciers a pour but de donner une chance de survie à notre Terre.
Premier constat: nous n'avons qu'une planète.
Deuxième constat: le rapport du GIEC démontre clairement que des mesures doivent être prises de façon urgente pour maîtriser le dérèglement climatique et espérer laisser une planète viable aux générations futures. Dans ce rapport, la responsabilité de l'homme sur le réchauffement climatique est sans équivoque et le seuil de 1,5 degré de réchauffement risque d'être atteint en 2030 déjà, soit dix ans plus tôt que la précédente estimation du GIEC. Ce rapport fait froid dans le dos et montre que, dans le domaine du changement climatique, nous sommes dans un trou que l'on continue de creuser.
Troisième constat: la plupart des nations ont pris conscience de la nécessité d'agir et ont signé en 2015 l'Accord de Paris sur le climat, s'engageant à investir des moyens financiers substantiels pour lutter contre le réchauffement climatique et à investir dans des énergies propres, notamment solaire et éolienne. Toutefois, une grande liberté a été laissée aux pays sur la manière de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. L'accord exige de la transparence dans les efforts qui sont faits, mais n'est pas contraignant juridiquement, et chaque pays fixe librement ses objectifs. Et c'est bien là le problème. Tant que des mesures ne sont pas contraignantes, les progrès se font, mais trop lentement.
L'initiative pour les glaciers demande d'inscrire dans la Constitution la sortie des énergies fossiles pour 2050. Il peut certes paraître utopique de concevoir qu'à cette date il n'y aura plus aucune voiture à moteur thermique, plus aucun chauffage aux énergies fossiles et plus aucun avion utilisant du kérosène. Il est vrai que cela représente un défi majeur, mais c'est le but vers lequel nous devons tendre en réalisant mois après mois, année après année, des investissements massifs dans le domaine des énergies renouvelables et dans les nouvelles technologies qui nous permettront d'atteindre ces objectifs, permettant ainsi de laisser une planète viable aux générations suivantes.
Et il est essentiel que des pays qui, comme la Suisse, disposent de conditions techniques, économiques et sociales adéquates montrent l'exemple et parviennent à des émissions nettes nulles.
Le premier rapport du GIEC remonte à 1990 et décrivait tous les dérèglements à venir qui se confirment au fil du temps. Nous sommes 32 ans plus tard et les mesures prises au niveau mondial sont clairement insuffisantes, ce qui prouve bien que sans objectifs contraignants nous n'arriverons jamais à stabiliser la situation.
On se retrouve toujours dans des situations où la majorité de la population abonde dans le sens des changements, qu'elle comprend être nécessaires, mais où, individuellement, les changements ne sont pas acceptés. Tout le monde s'accorde à dire qu'il faut réduire les émissions de CO2, mais, à titre individuel, qui veut renoncer à son véhicule énergivore, à des sauts de puce en avion le week-end ou à une piscine privée?
Les nations, elles également, ne veulent pas redimensionner certains événements qui, comme les Jeux olympiques, occasionnent des coûts qui se chiffrent en dizaines de milliards de francs avec des coûts environnementaux catastrophiques.
Tout le monde est favorable au développement des énergies renouvelables, mais, s'il vous plaît, pas trop près de chez moi pour l'éolienne. Et, sans surprise, le lobby de l'automobile nous donne l'argument que l'interdiction complète de la mise en circulation de véhicules à énergie fossile est exagérée, dangereuse et inutile. Ce qui est dangereux, c'est de continuer sans changer notre comportement.
N'oublions pas non plus les répercussions sanitaires du réchauffement climatique qui, déjà à ce jour, est responsable de 7 millions de morts dans le monde chaque année. Une synergie entre les politiques sanitaire et climatique est une opportunité pour l'avenir de nos sociétés et la santé de nos populations.
Pour toutes ces raisons, je soutiens sans réserve l'initiative et son exigence contraignante de neutralité carbone d'ici 2050, qui, on l'espère, nous permettra d'atteindre les buts visés et de donner une chance à la planète.
Le contre-projet direct, même s'il vise des buts proches de ceux de l'initiative, n'est pas contraignant, mais il constituerait une avancée significative en cas de rejet de l'initiative par le peuple.