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Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · 2022-03-03

Pasquier-Eichenberger Isabelle · Nationalrat · Genf · Grüne Fraktion · 2022-03-03

Wortprotokoll

"C'est un vrai signal d'alarme. Nous espérons qu'il sera entendu." Ce ne sont pas que les mots des activistes du climat qui nous ont accueillis sur la Place fédérale. Ce sont les mots des expertes et des experts du Groupe intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC). Leur message est clair: il faut agir vite et de manière conséquente, car tout retard pris compromet l'avenir.

J'ai entendu les opposants demander du temps. Mais cela fait 40 ans que le lien entre les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, de dioxyde de carbone et le dérèglement du climat a été établi. C'était à Genève, lors de la première Conférence internationale sur le climat. Puis, il y a 30 ans, nos gouvernements se sont engagés au Sommet de la Terre à Rio de Janeiro à ce que notre prospérité économique ne se fasse pas au détriment de l'environnement et que nos modes de vie ne prétéritent pas les générations futures. Je me souviens bien de l'espoir que cela a suscité. Enfin, il y a eu l'Accord de Paris qui engage les Etats à agir pour lutter contre les changements climatiques, un engagement que les initiants nous demandent aujourd'hui d'inscrire dans la Constitution pour s'assurer qu'il soit suivi d'actes.

Car nos gouvernement font preuve d'une passivité coupable. Nous disposons depuis des décennies des connaissances scientifiques et technologiques pour agir. Ce qui manque, ce sont le courage et les majorités politiques pour stopper le recours aux carburants fossiles, booster le développement des énergies renouvelables et viser une plus grande sobriété dans notre consommation. Aujourd'hui, les incitations, les demi-mesures, ne sont plus une option. Les changements climatiques constituent une menace existentielle. Les propos des expertes et des experts du GIEC sont sans équivoque: c'est de la vie de nos enfants qu'il est aujourd'hui question.

La Suisse, en tant que pays alpin, est directement concernée. Toutes et tous, nous sommes témoins du recul des glaciers. Nous ne pouvons pas non plus ignorer les avertissements que représentent les pans de montagne qui se sont déjà effondrés, les laves torrentielles qui ont pris des vies, les centres-villes qui deviennent inhabitables lors des périodes de canicule. La pandémie nous a montré aussi que nous ne pouvons pas croire que nous serons épargnés, que les éléments naturels ne connaissent pas de frontières, que si notre richesse peut nous aider à limiter les dommages, elle ne peut en aucun cas nous protéger.

Je vous invite à soutenir cette initiative. La transition qu'elle propose est vitale. Et les bénéfices iront bien au-delà du climat: en sortant des énergies fossiles, on cesse de soutenir des régimes coercitifs, voire criminels, on investit dans l'économie locale et dans notre souveraineté. En sortant des énergies fossiles, on améliore aussi la santé et la qualité de vie.

Pour terminer, permettez-moi de citer Svitlana Krakovska, responsable de la délégation ukrainienne du GIEC, qui, certainement aujourd'hui mieux qu'aucune d'entre nous, mesure ce qu'est une catastrophe, un effondrement, un état d'urgence. Elle dit: "Le changement climatique provoqué par l'homme et la guerre en Ukraine ont les mêmes racines: les combustibles fossiles et notre dépendance vis-à-vis d'eux."

Les actualités de cette semaine plaident donc plus que jamais pour un oui à l'initiative pour les glaciers.