Porchet Léonore · Nationalrat · 2022-03-09
Porchet Léonore · Nationalrat · Waadt · Grüne Fraktion · 2022-03-09
Wortprotokoll
Le rapport sur la politique de sécurité de la Suisse que nous traitons aujourd'hui rappelle que les objectifs de la Suisse "sont de protéger la capacité d'action, l'autodétermination et l'intégrité de la Suisse et de sa population ainsi que ses conditions d'existence contre les menaces et les dangers, et de contribuer à la stabilité et à la paix en dehors des frontières." Les Verts partagent pleinement ces objectifs. Comme cela figure à la même page du rapport, nous comprenons la sécurité dans un sens large. C'est à ce titre que les Verts s'engagent pour protéger l'humanité du plus grand danger qui se présente à nous: la disparition des conditions favorables à la vie humaine sur terre à cause du réchauffement climatique causé par les activités humaines. Et c'est parce que cette préoccupation de sécurité est au coeur des engagements des Verts que nous sommes et serons toujours proches des mouvements pour la paix, car seule la paix crée les conditions-cadres pour affronter tous les autres dangers et garantir la sécurité. Nous sommes en solidarité avec les Ukrainiens et les Ukrainiennes qui fuient leur pays par millions et dont le droit à la paix a été si violemment nié. Face à ce conflit, nous réclamons un engagement fort de la Suisse sur la scène internationale, ainsi qu'un accueil digne et généreux des réfugiés d'Ukraine, mais aussi de tous les réfugiés et de toutes les réfugiées issus des autres conflits. [PAGE 269]
Pour les Verts, les principaux facteurs de paix et de sécurité en Suisse sont un ordre international stable, des organisations supranationales fortes et le respect du droit international et des droits humains. Ce constat est partagé dans le rapport que nous traitons aujourd'hui. A ce titre, il est préoccupant de constater que ceux qui se disent les champions de la sécurité en réclamant de manière assez opportuniste l'achat de nouveaux chars sont également ceux qui tentent d'isoler la Suisse de ses partenaires européens et mondiaux.
Pour le groupe des Verts, la liberté d'action et d'autodétermination de la population suisse s'exprime notamment par les droits et les outils démocratiques suisses qui nous tiennent à coeur à toutes et tous. A ce titre, il est préoccupant qu'une ministre appelle cette même population à ne pas faire usage de ses droits démocratiques en cessant de récolter des signatures pour une initiative populaire.
Pour le groupe des Verts, le rapport donne une bonne évaluation de la situation et rappelle que la sécurité n'est pas que militaire. Evidemment que la guerre menée par le gouvernement russe en Ukraine rend aigu le besoin de suivre avec précision les risques et d'évaluer les conséquences d'un conflit, dont la possibilité est envisagée et analysée dans ce même rapport. Le groupe des Verts salue la décision de la commission de faire ce suivi et, au besoin, de rédiger un rapport complémentaire.
Il constate néanmoins qu'il est affirmé à la page 21 de ce rapport qu'une attaque terrestre de la Suisse est invraisemblable. Les risques sont donc ailleurs. Une menace en particulier nouvelle, jamais vécue dans l'histoire, s'est invitée dans le débat: le danger du nucléaire civil.
Par l'attaque de la centrale nucléaire de Zaporijia dans la nuit de jeudi à vendredi passé, la Russie nous a rappelé que le nucléaire civil était une menace pour l'humanité, en particulier en temps de guerre.
Les Verts appellent la Suisse à s'engager au Conseil de l'Agence internationale de l'énergie atomique pour que les sites ukrainiens soient sous surveillance indépendante, mais ils appellent aussi le Conseil fédéral à communiquer en toute transparence et de manière proactive au sujet des risques pour la population suisse. Parce que le conflit armée en Suisse n'est qu'un des risques cités dans le rapport, un risque d'ailleurs qualifié de peu probable, les Verts saluent la diversité des approches de la sécurité proposées dans ce rapport.
Mais les neuf objectifs proposés dans le rapport doivent être accompagnés d'une répartition des ressources en conséquence. Or ce n'est pas le cas. Ainsi, l'acquisition des avions de combat F-35 que défend le Conseil fédéral concentrerait une part importante des ressources sur un outil militaire disproportionné et inutile pour la Suisse, ce qui empêcherait notre pays de se prémunir de manière adéquate contre la pluralité des risques.
Deux thématiques ont en particulier occupé la commission, qui propose aujourd'hui deux postulats: la désinformation et les dangers naturels liés au climat.
Le premier postulat demande un rapport sur les risques de campagne de désinformation en Suisse. Le sujet était déjà d'une actualité brûlante au moment des débats en commission, face aux contrevérités émises au sujet du Covid-19, qui ont attisé les tensions au sein de la population. Face à la guerre du gouvernement russe contre l'Ukraine, qui se fait aussi sur le terrain de la désinformation et du mensonge, il est plus urgent que jamais de prendre en considération ce postulat.
Le second postulat adopté par la commission - et qui n'a pas fait l'objet d'une proposition de minorité - demande d'évaluer les capacités de la protection civile, de l'armée et du service civil face aux dangers naturels liés au climat. Alors que 2021 a été le théâtre de terribles inondations et qu'en montagne des villages entiers ont dû être déplacés, l'actualité récente ne doit pas nous faire oublier que le plus grand danger auquel la population suisse est maintenant confrontée est bel et bien le dérèglement climatique.