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Berset Alain · Bundesrat · 2022-03-17

Berset Alain · Bundesrat · Freiburg · 2022-03-17

Wortprotokoll

Il est vrai que l'évolution du nombre de cancers dans notre pays représente un défi important pour le système de santé, pour les personnes concernées, pour les groupes concernés.

Le nombre de personnes atteintes du cancer est en augmentation. Pendant la période 2013-2017, il y a eu une importante augmentation du nombre de cas qui ont été diagnostiqués; je crois que c'est plus de 3000 cas supplémentaires chaque année par rapport à la période 2008-2012. La hausse du nombre de cas se situe entre 8 et 9 pour cent. C'est une hausse qui nous paraît principalement liée à la progression du nombre de personnes âgées dans notre pays; c'est clair, c'est un facteur qui conduit à ce qu'il y ait plus de cas.

Dans ce contexte global, c'est en 2014 que la Confédération et les cantons avaient lancé, ensemble, la Stratégie nationale contre le cancer. Il faut peut-être rappeler quel était l'objectif de cette stratégie. L'objectif était d'améliorer la lutte contre la maladie, d'améliorer la prévention, et de le faire en s'appuyant sur la participation d'organisations et d'experts. Durant la période 2014-2020, au total, il y a eu quinze projets qui ont été mis en oeuvre dans les domaines principaux que sont la prévention, la prise en charge et la recherche.

Avec les cantons, nous avons également saisi l'occasion, durant cette phase, de créer des conditions-cadres nécessaires à une collaboration optimale entre toutes les parties prenantes, notamment avec la mise en place de centres de compétences nationaux. Cela a donc été mis en place en 2014. En 2017, on en a tiré un bilan.

En novembre 2017, le dialogue "Politique nationale de la santé" avait en fait décidé de prolonger, une fois seulement, la Stratégie nationale contre le cancer jusqu'en 2020 - ce n'était pas du tout parce que le problème allait disparaître, c'était même le contraire. Ensuite, nous souhaitions que la coordination nécessaire des activités puisse être reprise par les parties directement concernées.

J'aimerais encore dire quelques mots, et je pense que cela répond aux questions qui ont été posées à la fin de l'intervention, pour expliquer ce qui a changé dans l'intervalle.

En matière d'enregistrement, des progrès importants ont été faits. Depuis janvier 2020, l'enregistrement des maladies oncologiques est réglé dans une loi fédérale; c'est un élément de développement qui est très favorable. Ainsi, nous avons maintenant des données de meilleure qualité, plus fiables, pour soutenir la politique sanitaire et aussi pour permettre de prévoir et de développer les structures de soins.

Et puis, d'autre part, il y a d'autres stratégies de portée générale qui ont été développées. Elles sont aujourd'hui en vigueur et répondent aux principaux défis en matière de lutte contre le cancer.

Vous avez mentionné, Madame Carobbio Guscetti, la stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles qui, pour nous, constitue un élément important de la stratégie générale, car elle intègre le traitement des questions qui concernent le cancer. Vous avez dit, si j'ai bien compris vos propos, qu'il vous semblait que la stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles ne couvrait pas assez les questions liées spécifiquement au cancer. C'est un débat que l'on peut mener: faudrait-il redéfinir certaines priorités? faudrait-il renforcer, vu les évolutions observées, certains éléments de la stratégie? C'est une discussion qui peut tout à fait être menée.

Il y a toutefois un point sur lequel nous sommes d'accord, sur lequel nous n'avons pas la moindre divergence, à savoir l'importance de bien coordonner l'action et le travail réalisés par les acteurs impliqués dans la lutte contre le cancer. C'est la philosophie que nous avons suivie avec les cantons, qui consiste à dire que si on donne l'impression que la Confédération et les cantons s'occupent de tout, on rend moins important ou moins visible le rôle des organisations actives sur le terrain. Avec les stratégies que nous avons mises en place, et notamment la Stratégie qualité qui joue un rôle important dans ce cadre-là, il nous semble que même si, sur le plan formel, on n'a plus de stratégie de lutte contre le cancer, cela ne signifie pas que la thématique a disparu, mais plutôt que son traitement a été réparti entre des acteurs qui ont pu profiter de toutes les années où nous avons travaillé ensemble pour mettre en place un système et une structure qui fonctionnent bien. Les choses fonctionnent aujourd'hui sur cette base-là, si bien que j'estime qu'il existe aujourd'hui encore et toujours une Stratégie nationale contre le cancer, qui n'est certes plus celle que l'on a connue entre 2014 et 2020, mais qui se caractérise par le travail, la collaboration de l'ensemble des structures qui sont confrontées à ces questions, parmi lesquelles, évidemment, il y a l'organisation Oncosuisse Forum, qui joue un rôle extrêmement important, un rôle clé, en coordonnant l'action dans le domaine.

L'organisation Oncosuisse Forum, une fois la stratégie nationale - au sens formel - terminée en 2020, a accepté la mission de mettre en réseau les acteurs de l'oncologie. C'est ce qui se passe aujourd'hui et, à ma connaissance, beaucoup de choses se font aujourd'hui par le biais de plateformes thématiques, de projets, d'échanges et de conférences. Nous avons aujourd'hui avec Oncosuisse Forum une organisation qui est en train d'élaborer un plan directeur 2030 en s'appuyant sur la stratégie Santé 2030 du Conseil fédéral. C'est un plan directeur qui devrait comporter non seulement un état des lieux des activités et des défis dans le domaine de la lutte contre le cancer en Suisse, mais qui devrait aussi [PAGE 228] servir de base de discussion pour les mesures à venir. Dans ce contexte, l'Office fédéral de la santé publique est évidemment en contact étroit avec cette organisation; il y a beaucoup de collaborations, notamment sur des questions stratégiques comme le traitement, le suivi et la qualité des soins oncologiques en Suisse, ou le rôle que jouent dans ce cadre les données à disposition.

Il nous semble donc qu'avec cette phase 2014-2017, puis 2017-2020, on a mis en place tout le système qui nous permet, en nous fondant sur des organisations existantes, de faire face à cette très importante problématique, notamment aussi, encore une fois, avec des stratégies nationales en matière de qualité, en matière de maladies non transmissibles qui, dans le fond, reprennent ces préoccupations.

Je retiens vraiment de votre intervention que l'on devrait peut-être rediscuter ou revoir une fois la place accordée à la lutte contre le cancer dans cette stratégie nationale Prévention des maladies non transmissibles. C'est peut-être un élément qui peut nous inciter à approfondir encore le sujet et à mieux travailler encore ces prochaines années.