Lexipedia

Maret Marianne · Ständerat · 2022-03-17

Maret Marianne · Ständerat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-03-17

Wortprotokoll

Les violences domestiques, sexuelles et fondées sur le genre sont hélas monnaie courante en Suisse. Toujours dans notre pays, une personne meurt toutes les deux semaines à cause des violences domestiques, ce qui représente en moyenne 25 décès par an. La prévention des violences domestiques, sexuelles et fondées sur le genre ne fait pas l'objet de campagnes comme celles que mène la Confédération dans différents domaines relatifs à la santé, par exemple contre le tabagisme, sur la transmission du virus du sida, contre les excès de vitesse sur les routes, contre l'alcool au volant, etc.

Pourtant, la Suisse a ratifié la Convention d'Istanbul qui prévoit des campagnes d'information et de sensibilisation pour prévenir toute forme de violence contre les femmes. Avec les cantons et les communes, la Confédération doit organiser et coordonner des campagnes qui s'adressent aux victimes comme aux auteurs de violences, de quelque nature qu'elles soient.

La violence ne doit pas être considérée comme une fatalité. Je souhaite que la mise en oeuvre d'une campagne de prévention sur ce thème conduise à une prise de conscience. Cette campagne devrait permettre aux victimes et aux auteurs de comprendre que rien ne justifie le recours à la violence. Parallèlement, il serait important que chaque habitant de notre pays se sente concerné par ce fléau dont les victimes collatérales, en ce qui concerne les violences domestiques en particulier, sont les enfants, ne l'oublions pas.

Ces violences sont un phénomène qui touche tous les pays, quels que soient la classe sociale, la race ou le niveau d'éducation des personnes concernées. Elles relèvent d'une lutte de pouvoir et d'une volonté d'entretenir l'inégalité des relations. La prévention de ce type de violences doit s'attaquer aux racines du problème et lier l'assistance aux victimes à des mesures judiciaires et préventives. La demande contenue dans cette motion a pour but de répondre à ce dernier point.

Le domicile familial n'est pas un monde à part. La violence perpétrée au sein d'une famille ne doit plus être considérée comme une question d'ordre privé. Elle doit en conséquence être traitée comme un problème politique et public. Je salue naturellement le fait que le Conseil fédéral souscrive à cette motion.

Dans une famille où il y a de la violence, il n'y a plus de sécurité. Il me semble important de relever que la première étape [PAGE 225] pour lutter contre la violence domestique consiste à la rendre visible.

Je conclurai en répétant que la violence, qu'elle soit domestique, sexuelle ou fondée sur le genre ne doit pas être considérée comme une fatalité. Je suis naturellement ravie, je le répète, que le Conseil fédéral - que je remercie - propose d'accepter cette motion. Je vous remercie également, chères et chers collègues, pour le soutien que vous apporterez à cette intervention.