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Kamerzin Sidney · Nationalrat · 2022-05-31

Kamerzin Sidney · Nationalrat · Wallis · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-05-31

Wortprotokoll

Cela fait des années que la même recette miracle est servie aux habitants de ce pays après chaque annonce de hausses des primes: la prise de mesures ciblées, ponctuelles, pour corriger un système financièrement défaillant au bilan financier accablant. Les coûts de la santé à charge de l'assurance obligatoire des soins ont triplé en l'espace de vingt ans, passant de 12 à 32 milliards de francs. Des coûts totaux qui correspondent à 12 pour cent du PIB, alors qu'il s'agit de 9 pour cent pour la moyenne des pays de l'OCDE qui nous entourent. Surtout, pour une famille avec deux enfants, il s'agit aujourd'hui de 15[NB]000 francs de primes par année. Ce montant va, bien évidemment, encore augmenter de manière linéaire si nous n'agissons pas.

Un bilan financier accablant, auquel le Centre répond par le seul outil adéquat: un frein. Comme en matière de finances publiques, il y a lieu de fixer un système de frein aux dépenses constitutionnel, que les autorités et acteurs de la santé devront ensuite respecter et appliquer. Sans un tel mécanisme contraignant, les coûts, on le voit, sont incontrôlables. Cette solution est la seule à même de permettre au peuple de se sortir de cette spirale infernale continue, permanente, de l'augmentation des primes, pour financer un système de santé, certes à la pointe, mais incapable de s'autoréguler financièrement. Que répondent les opposants à cette initiative? Premièrement, que c'est en cours; ce qu'on dit chaque année après l'annonce de hausses des primes. Manifestement, cet argument ne porte plus. En tout état de cause, nous pouvons soutenir des mesures ponctuelles, des mesures ciblées, mais il faut les mettre en lien avec un objectif chiffré, un objectif contraignant. Deuxième argument avancé: il faut rationner, il faudra rationner; une réponse destinée à susciter la peur. Or, on le sait, selon l'expertise de 2019 citée dans le message commandé par l'OFSP, des économies de l'ordre de 6 milliards de francs par an, de 15 à 20 pour cent des coûts, sont possibles. Avant d'en arriver à un rationnement des prestations de santé, il y a énormément à faire. Enfin, on nous répond qu'il ne faut pas lier la question des salaires et la hausse des coûts. Et pourtant c'est bien ce qui est en jeu: les salaires moyens, les salaires de la classe moyenne financent les primes. C'est, au contraire, un excellent indicateur, peut-être le meilleur.

Ces arguments doivent être rejetés, ils n'apporteraient pas de solution à long terme. Les citoyennes et citoyens savent aujourd'hui que le système est financièrement défaillant, qu'ils devront en payer le prix à moins de dire stop et de trouver une solution efficace, celle qui est aujourd'hui sur votre pupitre.

Un point éloquent: nous avons toutes et tous été contactés, ces derniers jours, par les milieux de la santé, de tous bords: assureurs-maladie, prestataires, experts, médecins, pharmaciens, etc., et les lobbys s'activent autour de ce marché lucratif. Alors qu'ils ne s'entendent jamais lorsqu'il s'agit de limiter les coûts, les voilà tous regroupés, qui donnent de la voix à l'unisson lorsqu'il s'agit de combattre une initiative qui pourrait, pour une fois, être véritablement efficace.

Nous avons le choix aujourd'hui: céder aux lobbys, céder aux groupes économiques et financiers actifs dans le domaine de la santé, qui craignent manifestement pour leurs intérêts, ou, au contraire, agir enfin en faveur de la classe moyenne, en faveur des familles de notre pays, en faveur de la majorité de la population qui subit les dérives d'un système certes performant, mais qui n'a jamais réussi à s'autoréguler financièrement.

Si l'initiative populaire est acceptée, il sera mis fin à l'incapacité des acteurs du domaine de la santé à s'entendre, et l'intérêt de la classe moyenne et du peuple, qui est le premier et en définitive le seul à être vraiment impacté par l'augmentation des coûts de la santé et donc des primes, sera favorisé.