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Pointet François · Nationalrat · 2022-06-02

Pointet François · Nationalrat · Waadt · Grünliberale Fraktion · 2022-06-02

Wortprotokoll

Nous avons une surcapacité qui équivaut à environ trois usines d'incinération des ordures ménagères. La Suisse importe chaque année 400[NB]000 tonnes de déchets. Certains cantons, comme Soleure ou Genève, construisent de nouvelles usines. A Genève, certes, il s'agit de remplacer une grosse usine par une plus petite, mais elle restera parmi les plus grandes de Suisse. Il n'existe aucune coordination nationale: chacun fait ce qu'il veut dans son coin. Cela n'est plus acceptable et cela doit changer.

Le Conseil fédéral annonce lui-même que la production de déchets est en diminution. Un moratoire permettrait de diminuer cette surcapacité, de mettre en place des alternatives, comme le tri avant incinération et l'incinération en cimenterie, comme cela se fait d'ailleurs dans certains pays, par exemple en Allemagne.

Une collaboration avec le secteur privé permettrait de diminuer les coûts, de jouer sur les capacités de réserve et de s'approcher d'une gestion des déchets intégrant l'économie circulaire. Au lieu de cela, nous nous donnons bonne conscience en récupérant de la chaleur et de l'électricité, en affirmant au passage qu'il s'agit d'énergie renouvelable, alors que, dans les fait, il s'agit de gaspillage de matière et de production de mâchefers dont personne ne veut. Songez aux difficultés à trouver des décharges et à l'augmentation des kilomètres parcourus par ces résidus d'incinération pour les déposer dans des endroits encore disponibles. Nous récupérons, au prix de grands efforts énergétiques, les métaux qui sont passés dans le four et qui se retrouvent emprisonnés dans les mâchefers, cela au lieu de les retirer avant leur incinération, pour éviter leur oxydation, ce qui les rend beaucoup plus difficiles à recycler.

Il existe des solutions de tri automatique avant incinération, mais le monopole sur les déchets et la résistance acharnée des exploitants d'usine d'incinération empêchent qu'un tri soit effectué entre le citoyen producteur de déchets et l'incinération. De tels tris permettraient de mettre en oeuvre ce que préconisent les Projets nationaux de recherche 70 et 71 qui démontrent par A plus B que nous ne calculons pas les vrais coûts de la perte de matière en brûlant à tout va. On pourrait effectuer des tris pour extraire bon compte de métaux, plastiques, piles ou autres.

De plus, dans la stratégie climatique à long terme de la Suisse, le Conseil fédéral prend comme un fait établi qu'il restera des émissions de CO2 issues de l'incinération.

Comme s'il n'y avait pas d'alternative; tout le monde doit faire des efforts, sauf les incinérateurs. L'incération contrôlée des déchets nous a permis de sortir de la politique du tout à la décharge et c'était un progrès notable; nous devons maintenant viser l'objectif de zéro déchet en décharge en nous débarrassant des mâchefers.

Décréter un moratoire est un signal fort pour inciter à plus de tri, à produire moins de déchets, à plus de collaboration entre les acteurs et déclencher une politique des déchets innovante et tournée vers l'avenir.

Je vous invite à accepter ma motion.