Juillard Charles · Ständerat · 2022-06-02
Juillard Charles · Ständerat · Jura · Die Mitte-Fraktion. Die Mitte. EVP. · 2022-06-02
Wortprotokoll
Sans conteste, l'année 2022 marque clairement un tournant dans la politique de sécurité mondiale. La soudaineté et la violence des évènements survenus en Ukraine, par ailleurs décrits comme possibles dans le rapport sur la politique de sécurité de la Suisse, ont conduit les Etats à changer du tout au tout leur politique d'armement, sans distinction selon les partis politiques au pouvoir. Les exemples sont nombreux: l'Allemagne a augmenté son budget militaire de 100 milliards d'euros; la Finlande et la Suède ont renoncé à leur neutralité et demandé leur adhésion à l'Otan. A noter, en passant, que la Finlande et l'Allemagne ont passé commande de respectivement 64 et 35 avions de combat de type F-35A.
Il nous appartient aujourd'hui de nous prononcer sur les projets d'acquisition, de modernisation et de construction pour l'armée présentés dans le message sur l'armée 2022, augmenté de 300 millions de francs pour l'accélération de la modernisation de l'armée de terre et de la mise en place des moyens de cyberdéfense.
D'une manière générale, il est nécessaire de rattraper les sous-investissements dans le matériel militaire, résultats de nombreux efforts et priorisations menés par le DDPS et ses services. Notre armée doit être en mesure de faire face seule ou conjointement avec d'autres, à toutes les éventualités, toutes les menaces, et de pouvoir répondre à toutes les missions que nous, politiques, pourrions lui confier. La défense du pays est d'ailleurs une de ses tâches constitutionnelles.
Nous avons besoin de nouveaux avions pour remplacer les F-5 et les F/A-18, vieux de trente ans et plus. En complément, nous avons besoin d'une défense antiaérienne sol-air. Des moyens modernes supplémentaires doivent être consacrés à la cyberdéfense, l'une des composantes majeures des conflits et des guerres modernes. Des investissements s'imposent également dans l'entretien des bâtiments du DDPS, en particulier pour les assainir du point de vue énergétique.
Nous avons eu de longs débats en commission, posé beaucoup de questions et obtenu aussi beaucoup de réponses. Il est donc étonnant d'entendre parler dans cet hémicycle d'éléments au sujet desquels nous avons déjà reçu des réponses en commission ou à propos desquels aucune question n'a été posée. C'est tout à fait dommage, car nous aurions pu en débattre de manière plus approfondie.
Permettez que je m'arrête sur la question du choix du Conseil fédéral de retenir l'avion F-35. N'en déplaise aux innombrables stratèges et spécialistes aéronautiques que compte notre pays, le Conseil fédéral a fait le seul choix qui s'imposait à lui au terme d'un processus de sélection complexe, technique, objectif, professionnel et vérifié par un organisme extérieur. Le F-35 est l'appareil qui remplit le mieux les critères de sélection, loin devant ses trois concurrents. C'est la conclusion unanime à laquelle est arrivée la sous-commission DFAE/DDPS de la Commission de gestion, que j'ai l'honneur de présider. Nous avons mené de nombreuses investigations en lien avec les tout aussi nombreuses critiques entendues, vues ou lues au sujet de ce choix. A notre connaissance, il n'y a aucun élément qui mette en doute la procédure ou le choix final du Conseil fédéral. Si le Contrôle fédéral des finances ou la commission soeur du Conseil national devaient faire des découvertes significatives nouvelles, le Conseil national pourrait bloquer le dossier et nous en reparlerions bien évidemment.
Mesdames et messieurs, parce que la sécurité est un droit fondamental de chaque citoyen, parce que la sécurité est une tâche essentielle des autorités, parce que nous devons être solidaires avec nos voisins - j'insiste là-dessus -, nous devons donner à l'armée des moyens modernes pour assumer ses missions les plus diverses.
Je vous invite donc à accepter l'entrée en matière et la plupart des arrêtés qui y sont liés.