Crottaz Brigitte · Nationalrat · 2022-06-13
Crottaz Brigitte · Nationalrat · Waadt · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-06-13
Wortprotokoll
Je remercie le Conseil fédéral pour ce rapport très complet, instructif et détaillé sur la politique étrangère, qui impressionne par le nombre de sujets traités simultanément et qui démontre la cohérence avec laquelle le DFAE mène sa politique étrangère et met en oeuvre les divers points de sa stratégie.
Comme le rapport concerne l'année 2021, il n'est bien sûr pas fait mention de l'agression de l'Ukraine par la Russie, même s'il est difficile d'en faire abstraction.
Ce rapport, que je vous encourage à lire, décrit les nombreux pans de la politique extérieure qu'il est impossible de relater de façon exhaustive et je vais surtout aborder les relations entre la Suisse et l'Union européenne qui sont, de l'avis même du Conseil fédéral, le point central de la politique extérieure de la Suisse malgré une stratégie pour l'instant peu convaincante.
La pandémie nous avait déjà fait prendre conscience de l'importance d'une coordination étroite avec l'Union européenne et cela est à nouveau d'actualité avec la guerre en Ukraine qui nous rappelle, si besoin est, que nous sommes situés géographiquement au milieu de l'Europe, avec laquelle nous avons une histoire commune et avec qui nous partageons des valeurs fondamentales démocratiques. Il est donc regrettable que le Conseil fédéral avoue clairement dans son rapport que, malgré une mise en oeuvre globalement positive de sa Stratégie de politique étrangère 2020-2023, la seule exception est celle de la consolidation de la voie bilatérale de la Suisse avec l'Union européenne.
Le rapport fait par ailleurs mention d'une certaine démondialisation ou régionalisation, qui semble préoccuper le Conseil fédéral. Toutefois, la pandémie avait déjà démontré les limites de la mondialisation et les risques inhérents aux chaînes logistiques mondiales pour certains biens essentiels. Il est important que la Suisse se positionne comme partenaire de l'Europe, qui est son principal cadre de référence, avec laquelle elle a des intérêts réciproques et qui remplit un rôle clé pour stabiliser la région.
Les relations entre la Suisse et l'Union européenne restent de notre point de vue le défi principal de la politique extérieure de la Suisse et nous sommes impatients de voir se concrétiser les négociations qui viennent de reprendre. L'absence d'accord a déjà eu des répercussions négatives pour la Suisse, en particulier la non-association aux programmes européens de coopération dans le domaine formation, recherche et innovation de même que la non-actualisation de l'accord de reconnaissance mutuelle dans le domaine des dispositifs médicaux. Des accords importants dans le domaine de la santé ou de l'électricité sont par ailleurs bloqués.
Quelques mots encore au sujet des défis globaux au niveau mondial qui sont mentionnés dans ce rapport, en particulier la crise sanitaire et le changement climatique.
Même si la crise du Covid-19 semble actuellement dans une phase maîtrisée - et c'est tout relatif visiblement -, ses conséquences économiques et sociales ont cruellement affecté les pays en développement, avec une augmentation significative des personnes se retrouvant en situation de pauvreté extrême.
Ceci, couplé à la crise alimentaire à venir représente un défi majeur dans le domaine de la coopération internationale et de l'aide humanitaire. Cela a déjà été dit par M. Portmann: c'est le cas en Afghanistan, où 24 millions de personnes, soit 62 pour cent de la population, dépendent actuellement de l'aide humanitaire, de même que 23 millions de personnes au Yémen, soit 66 pour cent de la population.
Quant au dérèglement climatique, son impact sur la santé est de plus en plus net. On sait qu'il sera la cause de migrations dans les années à venir. Les mesures prises par la Suisse dans ce domaine sont insuffisantes au regard de la gravité de la situation et une déclaration d'urgence climatique au niveau fédéral permettrait de prendre des mesures drastiques, au même titre que celles qui ont été prises pour lutter contre le Covid-19.
Durant l'année sous revue, il est fait mention d'instabilités dans différentes régions du monde et du risque de voir s'accroître la pression migratoire vers l'Europe, risque qui pourrait être amplifié par les difficultés d'approvisionnement en matières premières et par les conséquences du réchauffement climatique.
Comme on peut le voir, les défis sont nombreux et même sans pouvoir en aborder tous les détails, le groupe socialiste vous invite à prendre acte de ce rapport.