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Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · 2022-06-15

Fridez Pierre-Alain · Nationalrat · Jura · Sozialdemokratische Fraktion · 2022-06-15

Wortprotokoll

Notre société a besoin de cohésion sociale, de justice et de solidarité - de toujours plus de solidarité. Aujourd'hui, la question des primes de caisses-maladie pose problème pour une part toujours plus importante de la population. Les primes annoncées pour cet automne - leur augmentation de 6, 7, 8 pour cent, on ne sait pas - n'annoncent rien de bon. Les primes de caisses-maladie mettent notre société sous tension.

L'assurance-maladie universelle, obligatoire est une bonne chose. Cela permet d'offrir une protection sociale, un filet social à l'ensemble de la population. Le problème, ce sont les coûts. Et malgré tous les efforts réalisés par les différents corps de métier, par l'administration, par les politiques, ces coûts augmentent. Les facteurs ont les connaît, ce sont l'augmentation de l'âge de la population, l'augmentation de la qualité de l'offre qui devient de plus en plus technologique et chère, l'augmentation aussi de la demande des gens. Les primes sont devenues des charges insupportables pour une part croissante de la population. En moyenne, chaque personne doit payer 5000 francs par an avant que la caisse-maladie ne paie un franc pour elle. Il y a deux choix possibles: soit les primes sont élevées et la franchise basse, soit les primes sont basses mais la franchise élevée. Les franchises élevées permettent d'espérer des économies en craignant le coup dur.

Je vais parler de trois catégories de personnes. Tout d'abord celles qui ont des bas revenus. L'aide qu'elles reçoivent actuellement pour payer les primes est juste et indispensable, mais souvent insuffisante face aux besoins. Et dans un canton comme le mien, le Jura, environ 40 pour cent des gens reçoivent une aide qui est souvent insuffisante. Mais les moyens à disposition sont également insuffisants.

Ensuite, il y a la classe moyenne et elle, elle est souvent très pénalisée, avec beaucoup de personnes dans cette classe qui ont des primes qui dépassent largement les 10 pour cent du revenu. Pour une famille composée d'un couple et de deux enfants de plus de 18 ans qui sont aux études, cela peut avoisiner presque les 20 pour cent. Ce qui compte en définitive, c'est ce qui reste à la fin du mois pour tourner.

Le problème dans cette histoire de caisses-maladie, c'est le payement des primes par tête: une personne, une prime, la même prime quel que soit le revenu, devenue une sorte d'impôt. La situation est très compliquée pour de très nombreuses personnes. En tant que médecin généraliste, je suis confronté en première ligne à la situation de ces gens. Beaucoup peinent à payer leurs primes. J'habite une région où les gens ont des revenus bas. Ce n'est pas simple. 20 pour cent des gens en Suisse, et j'en connais beaucoup, ont une fois ou l'autre renoncé à des soins. Je vois également des patients qui ne consultent pas chaque année, mais tous les deux ou trois ans, et je dois poser des diagnostics tardifs par exemple pour une hypertension ou un diabète. Récemment, j'ai vu un patient qui n'avait pas consulté depuis des années. On lui a trouvé un diabète avec une rétinopathie diabétique, donc une atteinte aux yeux, avancée.

Notre pays a besoin d'une solidarité encore renforcée. Nos grands impôts, au sens large du terme, fonctionnent sur la base soit de la progressivité, tel l'impôt fédéral direct - qui est un impôt juste -, soit de la redistribution, telle l'AVS.

Cette initiative "Maximum 10 pour cent du revenu pour les primes d'assurance-maladie" soulagerait surtout les pauvres de ce pays et tout particulièrement la classe moyenne, qui ne reçoit pas de contribution pour le paiement de ses primes.

Cette initiative arrive dans un contexte un peu particulier, celui de la crise de l'énergie, qui induira une augmentation des prix de l'énergie. Nous assisterons au développement d'une pauvreté sur le plan des énergies.

Notre pays a donc besoin de solidarité; cette initiative est un premier pas: merci de la soutenir.