Addor Jean-Luc · Nationalrat · 2022-06-16
Addor Jean-Luc · Nationalrat · Wallis · Fraktion der Schweizerischen Volkspartei · 2022-06-16
Wortprotokoll
Sous couvert de liberté religieuse, tant la Poste que les CFF acceptent que leur personnel féminin se présente au public, en particulier au guichet, en portant un hidjab ou une autre forme de voile islamique.
Interpellée par mes soins, la Poste présente même cette politique comme "une manière d'apprécier la diversité culturelle". Bon.
Quant au Conseil fédéral, dans sa réponse à mon interpellation 20.3856, il s'est lui aussi retranché derrière la liberté religieuse et même derrière l'intérêt du personnel à être protégé contre toute réaction négative pour refuser d'intervenir par le biais de ses représentants aux conseils d'administration des entreprises concernées.
De l'intérêt de la clientèle, parfois choquée ou simplement mal à l'aise, le Conseil fédéral n'a pas parlé. Et pourtant, les entreprises concernées sont toutes deux des sociétés de droit public détenues et contrôlées par la Confédération. Compte tenu de leur position quasiment monopolistique, leurs clients - nous tous! - sont véritablement captifs. C'est à plus forte raison le cas pour l'administration fédérale, dans la mesure où son personnel féminin est amené à se présenter au public.
Or, le hidjab, comme les autres formes de voile islamique, ne constitue ni un simple vêtement ni même un symbole uniquement religieux: il est avant tout un signe politique, symbole d'inégalité, de discrimination, de soumission et d'oppression de la femme; c'est peut-être à la mode après les manifestations que nous avons vécues il n'y a pas si longtemps, entre autres devant le Palais fédéral.
Il constitue tout autant une marque ostentatoire de communautarisme que de refus d'intégration. Dans cette mesure, contrairement à ce que soutient le Conseil fédéral, il ne saurait être protégé par la liberté de conscience et de croyance garanti par l'article 15 de la Constitution fédérale. De même, il est absurde, de la part du Conseil fédéral, d'invoquer l'interdiction de la discrimination garantie par l'article 8 de la [PAGE 1292] Constitution pour justement rester les bras croisés face à un symbole de discrimination.
Le voile islamique est contraire tant à nos traditions qu'à notre ordre constitutionnel. Pensons au principe de l'égalité entre hommes et femmes. Il est de nature à choquer ou simplement à mettre mal à l'aise une clientèle qui, de fait, est captive. Il ne saurait donc être toléré ni dans l'administration ni dans les entreprises publiques qui dépendent de la Confédération.